Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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« C’est dans notre ADN de nous adapter »

Octobre 2020

A l’instar des autres semenciers, Barenbrug a dû prendre en compte l’accélération de la législation en matière de produits phytosanitaires ces dernières années, notamment pour ses programmes de R&D. Et les innovations sont légion.

Rencontre avec Michel Gaudillière, directeur commercial gazon chez Barenbrug.

En interdisant l’utilisation des produits phytosanitaires, la loi Labbé a lancé de nouveaux défis aux semenciers. Mais ces derniers, à l’image de Barenbrug, ont su anticiper. « C’est dans notre ADN de nous adapter, confirme Michel Gaudillière, directeur commercial gazon de l’entreprise de Montévrain, en Seine-et-Marne. Depuis plus de vingt ans, tout notre travail est axé autour du triptyque performance-résilience-écologie. Nos recherches visent à développer des plantes qui assimilent mieux le stress et surtout qui récupèrent rapidement. »

Des protocoles de recherche diversifiés

Dans un environnement zéro phyto, les plantes doivent en effet mieux résister aux maladies, être plus denses, afin de limiter la pousse d’adventices, et moins sensibles aux attaques d’insectes. Autant d’enjeux sur lesquels travaillent les protocoles de recherche des semenciers. « Nous utilisons par exemple des serres hermétiques pour tester les plantes au stress de la sécheresse et de la chaleur, des protocoles de semis de printemps et d’automne pour examiner le comportement de certaines espèces sur trois ou quatre ans, des nouvelles techniques de mesure pour suivre l’activité chlorophyllienne et la densité des plantes », détaille Michel Gaudillière.

Des plantes résistantes au stress

Barenbrug développe également, depuis plusieurs années, des plantes ayant des capacités d’autoréparation par leur système racinaire, comme la fétuque élevée, sorte de « 4×4 du gazon », qui résiste au piétinement, à la sécheresse et offre une pousse rase. « La fétuque élevée RTF, par exemple, avec ses rhizomes qui multiplient les pousses par clones de la plante-mère, permet de recoloniser l’espace après une période de stress », note le directeur commercial. De même, le semencier a élaboré une nouvelle génération de ray-grass anglais traçant, le RPR (Regenerating Perennial Ryegrass), avec de fortes capacités de repousse. « Une variété parfaite dans le cadre de la loi Labbé pour éviter les mauvaises herbes », souligne Michel Gaudillière. Autre solution qui a démontré son efficacité, notamment en zones très minéralisées comme les cimetières : le couplage de gazons et de légumineuses (trèfle, lotier, luzerne…), ces dernières enrichissant le sol an azote pour le plus grand bénéfice des graminées.