Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
0

Les enjeux de la production de semences de betteraves

La France : 1er producteur de semences de betteraves en Europe

Semences de betterave – © GNIS / Paul Dutronc

Avec plus de 6.500 ha en production en 2017, la France reste le leader de la production de semences de betteraves sucrières et fourragères en Europe devant l’Italie. Cette production permet d’approvisionner 39 pays dans le Monde. De nombreux échanges sont intracommunautaires puisque certaines étapes de la production de semences de betteraves ne se font pas sur le territoire national.

Les enjeux de la filière sont importants puisqu’il s’agit de fournir des semences de qualité en quantité aux agriculteurs dans un contexte européen en pleine évolution.

Assurer la qualité des semences : gestion des isolements par cartographie pour éviter la pollution pollinique

Le pollen de betterave est « anémophile », c’est-à-dire qu’il est disséminé par le vent. Quand les conditions sont favorables, ce pollen, très léger, peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres. Ainsi, le pollen d’une variété de betterave pourrait polliniser les fleurs d’une autre variété même si les parcelles ne sont pas limitrophes. Les semences obtenues après cette pollinisation ne seraient donc pas conformes aux critères de la variété souhaitée. C’est qu’on appelle une pollution pollinique.

Afin de limiter les croisements indésirables, les professionnels des Sections Betteraves et chicorée et Potagères et florales du GNIS ont signé un accord interprofessionnel dans lequel ils s’engagent à cartographier l’ensemble des parcelles sur lesquelles ils souhaitent multiplier des semences de betteraves. Ce travail permet de s’assurer que les distances d’isolement sont suffisantes pour garantir la pureté variétale des semences obtenues.

Au-delà de la cartographie, l’accord interprofessionnel signé entre les deux sections prévoit la création de zones interprofessionnelles spécifiques dans lesquelles seule une espèce du genre Beta (betterave sucrière, fourragère ou potagère, bette ou poirée) est autorisée à la multiplication. Le tracé de ces zones est l’aboutissement de discussions entre les professionnels des Sections Betteraves et chicorée et Potagères et florales.

Accord interprofessionnel relatif aux zones interprofessionnelles du genre Beta (07/12/2016)

Réunion de concertation sur les zones de production des semences de betteraves – © GNIS / Stéphanie Buffaz

Le Sud-Ouest : berceau de la production de semences de betteraves

Multiplication de semences de betterave sucrière – © GNIS / Christophe Watremez

Le Sud-Ouest de la France concentre 65% de la production française avec plus de 3.500 ha et accueille 3 des 5 établissements leaders mondiaux de la betterave. Cette localisation est une réponse aux exigences agronomiques de la production de semences de betterave (qualité et diversité des sols, abondance de l’eau et climat favorable).

La pureté variétale est un enjeu majeur pour la production de semences de betteraves sucrières. C’est pour préserver la qualité des semences de betteraves sucrières que la production de semences dans le Sud-Ouest est réalisée dans le cadre d’une zone protégée (Loi du 22 décembre 1972 codifiée dans le code rural (CRPM)).

La zone protégée pour la production de semences de betteraves sucrières dans le Sud-Ouest a été créée par 3 arrêtés ministériels et concerne 5 départements : l’Aveyron, le Gers, le Lot, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne.

Arrêté du 7 mars 1983 – création de la zone protégée dite de « Agen »

Arrêté du 21 septembre 1987 – création de la zone protégée « Caussade »

Arrêté du 19 octobre 1987 – création de la zone protégée « Fleurance, Mauvezin, Solomiac »

Selon les termes de ces arrêtés, toute autre culture de semences du genre Beta (betterave potagère, betterave fourragère, poirée ou bettes) est interdite. Il est également interdit de laisser monter à graine ces espèces ainsi que les plantes spontanées (« mauvaises herbes ») du genre Beta (Beta vulgaris ssp maritima et Beta vulgaris ssp macrocarpa).

Voir le tracé de la zone protégée

Accompagner la filière pour produire en répondant aux enjeux sociétaux et environnementaux

Pour se donner les moyens de rester leader sur le marché européen tout en répondant aux attentes sociétales et environnementales, la Section Betteraves et chicorée finance un programme d’actions techniques visant à mieux maîtriser les bioagresseurs, en approfondissant la connaissance de leur biologie ou en ayant recours à des solutions de biocontrôle.

La Section contribue au financement de l’étude AGROSEM menée par la FNAMS qui vise à produire des semences de qualité sans pesticides.

Multiplication de semences de betterave sucrière sous tunnel – © GNIS / Christophe Watremez

Photo haut de page : © GNIS / Sébastien Champion