Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Semences fourragères et d’interculture : Outils de l’agroécologie

05 mai 2020

Protéger les ressources naturelles, eau, sols, biodiversité sauvage et cultivée, gérer intelligemment le carbone et l’azote tout en continuant d’assurer une production agricole suffisante pour les besoins alimentaires croissants de l’humanité, tel est le défi de l’agroécologie.

Jamais, les préoccupations sociétales n’ont été aussi fortes, mais aussi les besoins en produits agricoles. On évoque de plus en plus souvent dans les médias, le spectre de pénurie alimentaire au niveau mondial. Pour satisfaire à ces nécessités, le monde agricole est devant une exigence de produire écologiquement et intensivement.

Développer les connaissances

Pour progresser et devenir performants dans cet axe, les hommes de la terre ont besoin d’outils. Le premier est la Connaissance : connaissance de l’agronomie, de la biologie végétale, de la botanique, de l’interaction entre les plantes et avec le sol et enfin des bioagresseurs. Et surtout il ne faut pas oublier : le bon sens paysan, ce pragmatisme propre aux agriculteurs, fruit de leur expérience au contact de la nature, de leurs cultures et de leurs animaux !

Les semences sont, avec la connaissance de l’agronomie, les outils essentiels de l’agroécologie. Les semences  sont le premier maillon de la chaine alimentaire et les plantes qui en sont issues représentent une partie importante de la surface terrestre.

En France, la prairie occupe environ la moitié de la surface agricole utile, soit 13 millions d’hectares dont 3 en prairies temporaires. La prairie est un espace essentiel pour répondre aux préoccupations environnementales. En effet, c’est une zone de filtrage, d’infiltration et une zone tampon pour les eaux de pluie. La prairie est le meilleur piège à nitrates si elle est exploitée avec pertinence. Ainsi une prairie sous exploitée et non fertilisée peut rejeter beaucoup plus de nitrates qu’une prairie intensive, fertilisée en azote et bien exploitée. Il en est de même pour la gestion du carbone. En effet, une prairie peut stocker des quantités importantes de matière organique dans le sol et donc du carbone. C’est surtout l’importance du système racinaire qui détermine la matière organique accumulée. La prairie est également un espace de partage entre les espèces productives intéressantes et le reste de la biodiversité sauvage, végétale et animale.

Bien gérer les prairies

La prairie temporaire productive, dont on a choisi avec soin les espèces et les variétés, fertilisée et exploitée à bon escient, remplit brillamment les attentes alimentaires et environnementales. Elle permet en effet la production d’un fourrage abondant et équilibré, le stockage de carbone organique, mais aussi d’améliorer le bilan carbone. Elle permet également la réduction des intrants en rapport avec la productivité, la protection et la gestion de l’eau de pluie, la coexistence avec une biodiversité sauvage et une bonne gestion de l’azote. La prairie temporaire assolée avec les cultures annuelles amène un impact agronomique formidable tant sur la structure du sol que sur la fertilité.

Agroécologie et intercultures

Concernant les surfaces en cultures annuelles, la diversité des  plantes de service en intercultures, constitue une véritable caisse à outils de l’agroécologie ! Au moins une trentaine d’espèces sont disponibles pour venir s’intercaler en intersaison, entre deux cultures principales. Le sol n’a pas besoin de repos et surtout il doit rester un maximum de temps « couvert ». A contrario, une longue période sans plantes vivantes lui est plutôt préjudiciable. En effet, les plantes sont le moteur de la vie du sol, grâce à la photosynthèse, elles nourrissent avec leurs exsudats racinaires une quantité de microorganismes à la base de toute la chaîne alimentaire du sol.

L’agriculteur attend des plantes de service qu’elles soient faciles à semer sans exigence sévère de semis, peu coûteuses, d’un système racinaire profond pour améliorer la structure et remonter des éléments nutritifs. Il faut qu’elles soient d’une reproduction tardive et facile à détruire afin d’éviter la dissémination et les repousses. Il faut aussi qu’elles soient non vectrices de maladies et parasites communs aux cultures.

On peut présenter les plantes de service par famille :

  • les brassicacées : les moutardes, les colzas, les navettes, les radis, la caméline ;
  • les fabacées : les féveroles, les pois, les vesces, les lupins, les trèfles : incarnat, violet, de Perse, d’Alexandrie, de Michelli, de Cerdagne, le mélilot, la gesse, le fénugrec, le lotier ;
  • les poacées : ray-grass anglais, italiens, hybrides, l’avoine diploïde, les avoines classiques, les seigles, les sorghos, le moha, le millet ;
  • certaines espèces sont seules représentantes de leur famille : la bourrache, la phacélie, les lins, le sarrasin, le tournesol.

Le choix des espèces doit se faire en fonction des objectifs attendus, de la culture précédente, de la culture suivante, du mode de destruction envisagé et du calendrier (date possible de semis, insertion dans les autres travaux de l’exploitation). Il est essentiel de connaître la biologie de chacune de ces plantes pour les choisir et les insérer dans son système agronomique.

Les services apportés sont multiples. Une plante peut rendre un ou plusieurs services. On aura souvent intérêt à associer plusieurs espèces pour diversifier les services : piéger ou fixer l’azote et du carbone, lutter contre l’érosion du sol par l’eau ou le vent, favoriser la faune sauvage ou la faune auxiliaire, les abeilles, enrichir le sol en matière organique, améliorer la structure, lutter contre des ravageurs (nématodes), production fourragère.

La biodiversité cultivée au service de la terre

Tout agriculteur dispose donc de multiples espèces dont il faut connaître la biologie pour bien les insérer dans le système agronomique ou fourrager. Les témoignages d’agriculteurs, après quelques années de « couverts par obligation », sont de plus en plus fréquents pour confirmer l’impact positif sur leur exploitation de l’agroécologie et ne la pratiquent plus par obligation mais par passion du métier.

Des outils pratico-pratiques pour aider au choix des espèces

L’interprofession des semences et plants a conçu et met à la disposition de tous, des réglettes pour aider au choix des espèces, pour les prairies temporaires (réglette verte), pour les cultures dérobées fourragères (réglette marron) et pour les plantes de service (agronomie et/ou environnement, réglette bleue). Ces réglettes sont disponibles sur le site du GNIS : https://www.gnis.fr/publications. Elles intègrent les questions à se poser, pour aboutir aux espèces conseillées, mais aussi l’information essentielle sur ces espèces.

 

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Contacts :

Bruno OSSON
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Rosine DEPOIX
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29 – 06 66 46 74 70
rosine.depoix@gnis.fr