Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Les fabuleuses légumineuses prairiales

22 octobre 2018

Qui n’a pas eu plaisir de voir un troupeau paître une prairie riche en trèfles blancs et plus encore de voir l’impact du trèfle sur le niveau du tank à lait, la croissance des génisses ou l’engraissement d’animaux en finition, avec en plus une belle économie de concentré. Qui n’a pas été en admiration devant une belle luzernière au stade début bourgeonnement ou vu le comportement des animaux à l’auge lors de la distribution de trèfles violets enrubannés. Qui n’a pas vu le bienfait agronomique sur une parcelle après que l’on ait retournée la vieille luzerne, tant sur le reliquat azoté que sur la structure du sol et la maîtrise des adventices. Néanmoins, les conditions pédoclimatiques et les objectifs peuvent être différents. C’est pourquoi il semble opportun de faire le point sur les espèces disponibles, les critères variétaux et les éléments de choix des espèces.

De l’azote gratuit

Il existe 11 espèces disponibles sur le marché. Toutes ces espèces ont en commun leur capacité à fixer l’azote de l’air grâce à une bactérie (rhizobium) qui se développe dans les nodosités des racines. Ces bactéries fournissent ainsi l’azote à la plante et inversement la plante fournit aux bactéries les substances carbonées. Les deux se développent en symbiose. La première clé de la réussite est donc de favoriser le développement des nodosités qui ont besoin d’air dans le sol. Leur développement est donc très compromis si les sols sont tassés ou hydromorphes.

Les légumineuses préfèrent d’abord utiliser les nitrates du sol et, ce n’est, que du fait du manque d’azote disponible que les nodosités se développent. Les légumineuses sont donc aussi piégeuses de nitrates. Une proportion de 30 % de légumineuses dans une prairie amène 100 unités d’azote disponibles et gratuites pour les graminées voisines et après retournement, ce sont 80 à 100 unités par an pour les cultures les deux années suivantes.
Les besoins des légumineuses ne se limitent pas au fait que le sol soit bien aéré, il faut aussi de la chaleur et de la lumière. C’est pourquoi la plupart d’entre elles sont de production estivale et automnale. Il est donc pertinent de les associer à une ou plusieurs graminées qui assurent davantage la production de printemps.

Diversité d’espèces pour une diversité de situation

Les critères de choix des espèces sont le type de sol par rapport à l’eau, l’adaptation à un pH particulier, la durée de vie de l’espèce, leur vitesse d’installation, leur utilisation en pur ou associée et leur objectif d’utilisation.

Les espèces disponibles sont les trèfles violets, blancs, incarnats, hybrides, de Micheli, de Perse, d’Alexandrie, la luzerne, le lotier, la minette et le sainfoin.
En sol humide, tous les trèfles sont assez adaptés mais pas la luzerne, le lotier et le sainfoin.

En sol séchant, la luzerne, le trèfle de Perse, d’Alexandrie, le lotier la minette et le sainfoin sont, par contre, bien adaptés. Une seule espèce est gélive : le trèfle d’Alexandrie, d’où son utilisation en culture dérobée avant l’hiver.

Pour ce qui est de la résistance aux fortes chaleurs, sont plus sensibles les trèfles violets, incarnats, hybrides et de Micheli.

Quant aux pH bas, seul le sainfoin est intolérant. La luzerne, le trèfle incarnat, la minette ne se développent bien qu’au-dessus d’un pH 6 voire plus. Pour les autres espèces, les tolérances sont plus grandes.

Certaines légumineuses doivent être associées à des graminées pour être exploitées comme le trèfle blanc, hybride, de Micheli, la minette. Les autres peuvent être utilisées en pur comme en mélange.

Pour une utilisation en pâturage, certaines ne sont pas météorisantes. Ce sera le cas pour le trèfle incarnat, de Micheli, d’Alexandrie, le lotier, la minette et le sainfoin. Pour les autres, le pâturage est possible en mélange et si quelques fleurs sont présentes. Dans ce cas, les luzernes de type sud (qui sont malgré leur nom adaptées au nord de la France) conviennent davantage car les repousses redémarrent horizontalement et donc supportent mieux le piétinement.

Pour les luzernes, trèfles violets, blancs, les semenciers proposent une véritable gamme variétale. Le site internet www.herbe-book.org permet d’informer sur les caractéristiques des variétés de ces espèces avec en plus la possibilité de choisir la variété en fonction de ses priorités.

Pour une utilisation en association ou en mélange, sur le site www.herb’actifs.org, un calculateur de dose de semis permet de traduire des peuplements souhaités en kilos de semences par hectare pour chacun des composants du mélange.

Découvrir ou redécouvrir les légumineuses vous permettra de bénéficier de leurs avantages tant zootechniques, qu’agronomiques et économiques sur votre exploitation.

 

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Contacts :

Alexandre Carré
Chargé de communication fourragères – Délégation Ouest
alexandre.carre@gnis.fr

Rosine Depoix
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
rosine.depoix@gnis.fr