Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Les agriculteurs-multiplicateurs, une expertise française

01 janvier 2019

Le mot semence évoque généralement des chercheurs, des laboratoires, parfois des pépinières, des serres, des parcelles d’essais, mais plus rarement les usines où les semences sont triées, nettoyées, traitées, conditionnées, et presque jamais les agriculteurs-multiplicateurs. Et pourtant !…

La France est le premier pays producteur de semences en Europe, avec 360 000 hectares pour 2018. Les semenciers passent des contrats avec des agriculteurs-multiplicateurs pour multiplier toutes les générations de semences de plus de 6 000 variétés de toutes espèces : betteraves, céréales, fourragères, gazon, lin, chanvre, maïs, sorgho, colza, tournesol, pomme de terre, pois protéagineux, hors potagères et florales…et permettre ainsi une diffusion rapide du progrès génétique vers l’ensemble des agriculteurs et des jardiniers, donc ensuite vers les consommateurs.

Une expertise technique

La multiplication de semences est encadrée par un règlement technique officiel, qui détermine des règles de qualité : origine des semences-mères, isolement de la parcelle, état sanitaire de la culture, épuration des plantes indésirables, conditions de récolte…C’est une culture de très haute technicité.

Ensuite, l’agriculteur est en relation avec des techniciens de l’établissement producteur de semences avec qui il est en contrat. Ce contrat précise le suivi et le contrôle de la culture, les normes maximales pour la présence d’impuretés, le taux d’humidité…

Les agriculteurs-multiplicateurs font également partie de syndicats professionnels, qui réalisent des essais et diffusent des conseils techniques indispensables pour réussir ces cultures spécialisées.

Le sens des responsabilités

L’agriculteur-multiplicateur est d’abord un agriculteur qui connaît l’importance fondamentale de la qualité de la semence pour réussir une culture. Il se sent responsable vis-à-vis des agriculteurs et jardiniers qui vont ensuite utiliser les semences qu’il a multipliées.

Concrètement, il s’agit de produire des semences propres, qui ne soient pas mélangées à des graines d’autres variétés ou d’autres espèces et qui germent. Pour cela, l’agriculteur-multiplicateur est très attentif à la qualité sanitaire à tous les stades de sa culture de multiplication, et veiller à toutes les opérations techniques qui garantiront la qualité germinative des semences qu’il produit.

Un choix économique pour les agriculteurs ?

La production de semences est exercée par tradition (héritage familial), par passion (goût de la nouveauté et de la technicité), par opportunité (voisinage, rencontre, démarchage par un établissement producteur de semences), mais aussi par choix économique. Cela s’avère d’autant plus pertinent dans le cas d’installation sur des surfaces limitées, car la production de semences procure une diversification à forte valeur ajoutée, selon les espèces choisies. Ainsi, sur une exploitation de taille moyenne avec une dizaine d’hectares de semences en plein champ à forte valeur ajoutée, il est possible de dégager autant de chiffres d’affaires, voire de revenus, qu’avec quelques centaines d’hectares de grandes cultures.

Cette valeur ajoutée provient de la rémunération de deux facteurs : la technicité de ces productions associée à la prise de risques.

La France, pays des semences ?

Grâce à la variété de ses sols et de ses climats, la France est un pays particulièrement propice à la production de semences ; 140 espèces y ont été produites en 2018 et 6 189 variétés de grandes cultures et fourragères.
Les zones de production de semences se situent parfois dans les zones de cultures auxquelles elles sont destinées. C’est le cas pour les céréales.

Par contre, alors que la production de betteraves sucrières se situe plutôt dans le Nord de la France, celle des semences de betteraves est localisée principalement dans le Sud-Ouest en raison de conditions de culture favorables à la floraison et à la maturité des graines.

Les semences de maïs sont essentiellement produites dans le Sud-Ouest, les Pays de la Loire et l’Auvergne ; les semences potagères, elles, sont une spécialité de l’Anjou, du Centre et du Sud-Ouest ; les semences de tournesol sont multipliées dans tout le Sud de la France.

La production de plants de pomme de terre est assurée par des agriculteurs spécialisés, situés principalement dans le Nord, la Bretagne et le Centre. Par ailleurs, la production de semences de lin est répandue surtout en Normandie.

Ainsi, la France bénéficie à la fois d’une grande richesse de territoires et de climats, ainsi qu’un savoir-faire humain unique. Les agriculteurs-multiplicateurs français apportent une plus-value à l’économie de leur région, créent du lien social en mobilisant de la main d’œuvre, partagent et transmettent leurs connaissances et apportent de la diversité dans les paysages agricoles*. Leur compétence est reconnue dans de nombreux pays qui choisissent la France pour multiplier des semences de qualité.

Les chiffres clé de la production de semences et plants 2017 – 2018

*Ils travaillent, notamment, étroitetement avec les apiculteurs pour tirer des bénéfices croisés.

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Contact :

Rosine Depoix
Chargée de mission médias
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rosine.depoix@gnis.fr