Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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La filière française des blés biscuitiers : de la création variétale à la fabrication de biscuits

16 mai 2019

Jeudi 9 mai, les délégations GNIS Nord et Est ont accueilli ensemble, à l’occasion de la réunion régionale semences céréales à paille et protéagineux, plus de 60 agriculteurs, semenciers, distributeurs de semences, techniciens agricoles et journalistes.

Après une présentation de la production des semences tant en qualité qu’en quantité, un focus a été réalisé cette année sur la filière blé biscuitier de la sélection à la fabrication des gâteaux que nous dégustons sucrés ou salés chaque jour.

Récolte 2018 : une production de semences excellente

Après deux années de baisse, la production de semences en céréales pour les régions Nord et Est a augmenté en 2018. Elle est ainsi passée pour ces deux régions de 2,7 à 3 millions de quintaux certifiés, soit une augmentation de 8 %. Pour les deux espèces blé d’hiver et orge d’hiver, en particulier, on note une augmentation de 10 %. Celle-ci s’explique principalement par un accroissement des surfaces et du poids de mille grains (PMG), mais aussi par une légère amplification du taux d’utilisation. Malgré tout, les surfaces en multiplication stagnent pour la récolte 2019. En effet, les semenciers visent un meilleur ajustement entre les surfaces multipliées et les quantités conditionnées.

Il s’agit également d’une très bonne année concernant la qualité avec une absence quasi-totale de graines de mauvaises herbes ou d’autres espèces cultivées dans les semences certifiées. Le taux moyen de germination dépasse, quant à lui, les 96 % alors que la norme est de 85 %.
La présence de sclérote (ergot) devient une préoccupation du fait de l’évolution de la conduite des cultures. Toutefois, grâce à l’utilisation des trieurs optiques, tous les lots étaient aux normes et 95 % des lots commercialisés ne présentaient aucun sclérote.

En protéagineux, la situation est très différente et les productions de semences, après deux années de forte chute, continuent à baisser pour le Nord alors que pour la région Est, l’on constate une légère reprise. Malgré tout, la situation reste très préoccupante quant à l’avenir des protéagineux.

Semences de ferme, semences certifiées : des plus et des moins

Une enquête a été menée auprès de 186 agriculteurs du Nord et de l’Est afin de mieux cerner leurs pratiques et affinités concernant les semences certifiées, les graines de ferme ou celles triées à façon. Cette année le premier constat pour ces régions est un léger regain quant au taux d’utilisation des semences certifiées.
Les principales raisons évoquées pour justifier cette hausse, outre l’accès au progrès génétique, étaient la sécurité sur les exploitations, c’est-à-dire éviter les contacts avec les produits de traitement, et la diminution de la main d’œuvre disponible sur les exploitations. En fait, il est fortement évoqué la simplicité que procure l’utilisation de semences certifiées.

On observe aussi sur les deux régions, que très peu d’analyses qualité sont réalisées sur les productions de semences de ferme, qu’il y ait recours ou non à un trieur à façon. Ainsi, pour la région Nord, 84 % des agriculteurs interrogés affirmaient n’avoir réalisé aucune analyse sur leurs productions de semences. Pour la région Est, seul le comptage du poids de mille grains était significativement réalisé. Il est à rappeler que sur les semences certifiées, les entreprises et le SOC (Service Officiel de Contrôle et de Certification) réalisent des analyses tant sur la germination, l’absence de graines de mauvaises herbes et de certaines maladies et indiquent généralement le poids de mille grains pour ajuster les semis.

Un nouvel accord interprofessionnel pour le financement de la recherche

En mars dernier, un nouvel accord pour le financement de la recherche dans le domaine des céréales à paille a été signé au GNIS. Dans un contexte où l’attente agricole et sociétale se fait de plus en plus forte pour l’innovation variétale, l’objectif de ce nouveau renouvellement de l’accord était de pérenniser les moyens de l’obtention et de rééquilibrer la contribution au financement de la recherche entre semence certifiée et semence de ferme.

Dans ce cadre, agriculteurs et obtenteurs ont convenu d’une évolution des taux pour les trois campagnes à venir. Ainsi, le taux de cotisation à la collecte des céréales pour venir en appui à l’amélioration variétale va donc passer de 0,70 à 0,90 € par tonne de céréales collectées. En parallèle, le taux de remboursement pour l’achat de semences certifiées va passer de 2,80 € à 5 € du quintal.

La filière des blés biscuitiers a du pain sur la planche

Comme l’a présenté Monsieur LEMAIRE, directeur des ETS LEMAIRE-DEFFONTAINES, cette filière se caractérise par un marché très diversifié avec 80 familles de biscuits et gâteaux, qu’ils soient sucrés ou salés. Ce marché qui représente 2 % de la production de blé en France est particulièrement concentré au Nord et à l’Est de la France.
Les blés biscuitiers sont par nature des blés dits « soft » présentant des poids spécifiques (PS) très faibles.

De plus, à l’inverse des blés courants cultivés en France, un blé biscuitier nécessite des teneurs en protéines très basses et une faible force boulangère. Ainsi pour ce critère, la sélection des blés biscuitiers est tout à fait à l’inverse des blés panifiables.
Sur ce marché aux attentes très diversifiées, les critères d’inscription au catalogue sont très sévères. En effet, une nouvelle variété doit atteindre un seuil de 104 % des témoins alors qu’il n’est que de 102 pour un blé panifiable. De plus, pour les blés biscuitiers, le faible poids spécifique (PS) est d’autant plus pénalisant. Ceci explique peut-être le peu d’inscriptions aujourd’hui dans ce domaine alors que l’industrie a de fortes demandes.

La « filière Harmony » du groupe Mondelez : une originalité depuis 2007

L’objectif de ce groupe international, quant à la fabrication des biscuits, est d’obtenir une farine fonctionnelle pour optimiser la production de biscuits et de gâteaux en limitant l’empreinte environnementale à un coût maîtrisé. Toute une démarche est ainsi proposée aux agriculteurs répondant à cette charte. Un focus particulier est fait sur le choix des variétés, la traçabilité, le choix des semences, la bonne utilisation des produits de protection des cultures et enfin l’implantation de jachères de plantes mellifères ou attractives pour les insectes pollinisateurs.
Pour Mondelez, la bonne farine est la combinaison d’une bonne génétique cultivée selon des pratiques culturales dédiées et moulues par des meuniers selon un diagramme adapté. C’est tout le travail d’une filière afin que chacun puisse consommer cette farine de très haute qualité au quotidien sous forme de biscuits.

 

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Contacts :

Rosine DEPOIX
Chargée de mission médias
01 42 33 86 09 – 06 66 46 74 70
rosine.depoix@gnis.fr

Benoit LAFFINEUR
Délégué régional Nord
03 20 61 28 51
benoit.laffineur@gnis.fr