Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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La filière française de semences de céréales : une contribution essentielle au développement de toutes les agricultures

04 avril 2019

Jeudi 4 avril, le GNIS a réuni plus de 150 acteurs de la filière afin d’assister à la Rencontre Filière Semences Céréales et Protéagineux 2019. Philippe Camburet, Secrétaire national «Grandes cultures et semences» de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France et Philippe Heusele, Président de France Export Céréales étaient les Grands témoins de cette matinée.

Thierry Momont, président de la Section Céréales à Paille et Protéagineux du GNIS a ouvert cette rencontre en insistant sur le fait que « la semence, par la génétique qu’elle embarque est une alliée précieuse dans la baisse de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques ». Il a également remercié ceux qui ont permis le financement de l’accord interprofessionnel relatif à la recherche et à l’innovation variétale dans ce domaine, qui a été voté à l’unanimité et qui représente un signe fort de l’attente des agriculteurs en matière de variétés pour l’avenir.

Les mélanges de variétés de blé : 8 % des surfaces cultivées

Un arrêté en date du 26 juin 2018 a permis la commercialisation de mélanges de semences de céréales, une évolution, attendue par certains opérateurs, qui risque de bouleverser le marché français mais aussi d’apporter des opportunités.

En France, 8 % des terres cultivées en blé sont semées en mélanges de variétés. Ces mélanges peuvent permettre un gain allant jusqu’à 2,5 quintaux par hectare dans le cas de semences non traitées.
Luc Vermersch, agriculteur dans la Somme, quant à lui, confirme que choisir des semences certifiées constitue non seulement un gain et une simplicité d’utilisation au champ mais aussi une garantie de la qualité. Cependant, les meuniers précisent que l’utilisation de mélanges ne convient pas forcément à tout le monde, ni à tous les marchés.
« Le développement des mélanges de céréales ne sera significatif que si toute la chaîne s’y retrouve et si le produit y prend de la valeur » insiste Céline Canet, directrice d’Epilor Semences.

Le Gluten : vrai ou faux problème

A la une des médias depuis quelques années, que sait-on réellement aujourd’hui sur le gluten et ses conséquences sur la santé ? Catherine Grand-Ravel, ingénieur de recherche à l’INRA-GDEC a rappelé que : « Le gluten apporte des protéines végétales, mais est accusé de problèmes de santé qui poussent certains consommateurs à les supprimer de leur alimentation ». Ce produit, est en effet, la source de certaines maladies dont les causes sont très différentes. Les recherches se dirigent aujourd’hui vers une évolution des composantes du gluten grâce à la sélection végétale permettant d’offrir des alternatives luttant contre ces intolérances.

Plusieurs programmes de recherche sont actuellement en cours, dont un financé par le Fond de Soutien à l’Obtention Végétale (FSOV) : GlutNsafe qui devrait permettre la sélection de variétés de blé dont le gluten sera plus digeste.

Le génome de blé : un outil précieux pour la sélection

En 2018, a été publié le séquençage du génome du blé. « Il s’agit d’un grand pas pour la science et d’un petit pas pour l’agriculture » a indiqué avec humour Etienne Paux, directeur de recherche à l’INRA – Auvergne Rhône-Alpes. L’analyse de ces données a montré une disparition de la partie asiatique de la biodiversité du blé au cours du temps, mais qu’une diversité venant d’espèces apparentées y a été introduite par la sélection variétale. Le séquençage des 110 000 gènes du blé a ouvert des portes pour la sélection de nouvelles variétés.
« La crainte face aux nouvelles techniques de sélection est irrationnelle car elle mime ce que fait la nature depuis des millions d’années. Se priver de ces techniques serait dommageable au vu de ce que la recherche peut apporter » ajoute Etienne Paux.

Augmentation de la production de semences en agriculture biologique

Alors que la sole de blé tendre implantée en AB s’accroit chaque année, la filière semences s’adapte pour répondre à cette demande en semences. On comptabilise ainsi 3 000 hectares de multiplication de semences de blé.
« La semence est un levier d’amélioration essentiel et nous avons de fortes attentes vis-à-vis de variétés spécifiques » remarque Serge Rostomov, directeur technique Agribio Union et pour Philippe Camburet : « Il y a un grand espoir dans la collaboration entre les agriculteurs bio et les acteurs des métiers de la semence ».

Philippe Heusele a rappelé que « le progrès génétique et le renouvellement variétal sont stratégiques pour la filière céréalière, les produits qui en sont issus et nos emplois ».

Thierry Momont, président de la section céréales et protéagineux du GNIS a conclu la matinée de cette Rencontre Filière Semences Céréales et Protéagineux 2019 en insistant sur le fait que : « nous, acteurs des semences, tenons à travailler au développement de toutes les agricultures. Ayons le courage d’expliquer et de communiquer aux consommateurs, les intérêts directs que peuvent lui apporter le progrès et la biotechnologie. La semence doit assumer avec conviction sa propre image et sa propre valeur ».

 

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Contacts :

Rosine DEPOIX
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29 – 06 66 46 74 70
rosine.depoix@gnis.fr

Julien CONSTANT
Secrétaire général de la Section Céréales à paille & Protéagineux
01 42 33 78 01 / 06 63 69 69 45
julien.constant@gnis.fr