Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
0

Comment la biodiversité des espèces cultivées est-elle protégée ?

01 janvier 2019

La biodiversité regroupe l’ensemble du monde du vivant, des organismes, des écosystèmes, des espèces, mais également la diversité des gènes et de leurs assemblages. Les plantes cultivées sont des plantes sauvages qui ont été domestiquées. La domestication des plantes, c’est-à-dire leur adaptation aux besoins des hommes, commencé il y a près de 10 000 ans, a permis d’adapter des espèces des quatre coins du monde aux territoires français (maïs, blé, pomme de terre et la plus grande partie des légumes que nous consommons).

La sélection permet de rendre les plantes plus saines, plus productives, plus résistantes aux maladies, aux parasites, à la sécheresse et d’améliorer leurs qualités nutritives, et gustatives

L’enrichissement de la biodiversité cultivée s’exprime par une grande pluralité d’espèces et de variétés disponibles pour les cultures agricoles et potagères.

Chaque variété d’une même plante possède des caractéristiques physiologiques différentes (taille, forme…), organoleptiques (goût), agronomiques (précocité, rendement…), mais aussi technologiques (capacités à subir des transformations : cuisson, congélation, extraction de composants…). Ainsi, certaines variétés de maïs se prêteront mieux à l’alimentation humaine ou à l’alimentation animale, ou encore aux utilisations industrielles : amidonnerie, semoulerie, huilerie, distillerie, etc…

Pour les légumes cultivés par les amateurs dans leur jardin, la diversification des variétés a permis de faciliter le jardinage, d’échelonner les semis et les récoltes, de varier les goûts et les usages culinaires, ainsi que les formes et les couleurs au sein du potager.

Un renouvellement permanent

Pour les espèces agricoles et potagères, les catalogues français et européen des espèces et variétés référencent les variétés pouvant être vendues, elles sont majoritairement récentes. En effet, chaque année les semenciers proposent à l’inscription sur les listes du Catalogue français des nouvelles variétés. Ainsi, plus de 550 nouvelles variétés potagères et agricoles sont inscrites.

Le Catalogue, recense aussi les variétés anciennes patrimoniales qui peuvent être cultivées dans leur pays d’origine (au sein de la liste c). Le ministère de l’Agriculture prend en charge la totalité des frais d’inscription. La liste d, quant à elle, recense les variétés du domaine public (le plus souvent anciennes) et qui sont principalement destinées à des jardiniers amateurs. Pour faciliter la commercialisation de ces variétés, les acteurs de la filière des semences potagères et florales du GNIS prennent en charge les frais d’inscription de ces dernières.

Grâce à un effort constant de création et de renouvellement variétal, la biodiversité se cultive au quotidien avec les 23 000 variétés d’espèces agricoles et 21 000 variétés d’espèces potagères vendues en Europe.

Pour la conservation des ressources génétiques

Toutes ces nouvelles variétés de plantes sont créées par les sélectionneurs à partir des plantes existantes, c’est-à-dire à partir des ressources génétiques connues. La conservation de ce patrimoine de base est donc essentielle pour que l’innovation variétale soit en mesure de toujours pouvoir répondre aux attentes environnementales et alimentaires de demain. Depuis toujours les entreprises semencières contribuent donc activement à la conservation de cette biodiversité agricole, composée des ancêtres sauvages, des populations anciennes, mais aussi des variétés sélectionnées dans le passé. En France, ces entreprises ont d’ailleurs été les premières à réaliser ce travail de conservation et de maintenance des plantes, depuis plus de 200 ans.

La gestion de ces ressources génétiques exige des compétences pluridisciplinaires, des lieux et des modes de conservation variés, ainsi qu’un suivi rigoureux. Au niveau national, la recherche publique et les semenciers privés ont longtemps été des acteurs essentiels de cette conservation. Ils assurent ainsi la gestion de 27 collections privées regroupant près de 37 000 plantes représentatives de la diversité de ces espèces, Plus de 4 millions de plantes sont ainsi conservées dans le monde. Depuis 2016, l’État a, pour sa part, formalisé les conditions permettant de constituer, à partir de ces 27 collections, la collection nationale française. Un travail est également en cours pour créer des collections sur d’autres espèces. Toutefois, ce travail, vital pour stopper la perte de biodiversité, demande en plus de l’engagement de tous les acteurs, des moyens financiers.

Le GNIS s’implique financièrement pour la conservation des ressources génétiques

L’un des enjeux pour la filière est de soutenir la diversité génétique mondiale, de contribuer à la conservation des collections nationales, ainsi que de caractériser et de maintenir les collections génétiques françaises. C’est pourquoi, le GNIS a décidé d’apporter chaque année, depuis 2018, au fonds de soutien des collections nationales françaises une contribution volontaire de 175 000 euros. La France participe au Traité international sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) qui permet un accès facilité à plus de 1 500 000 ressources génétiques au niveau mondial.

Le GNIS a donc choisi aussi de contribuer à hauteur de 175 000 € au fonds de partage des avantages du traité, pour financer des actions de conservation dans les pays en développement et les pays émergents.

Quelques chiffres

Nombre de variétés / accessions Melon Tomate Maïs Blé Tendre
Collection réseau 2367 941 1500 5500
Collection publique dite « nationale » 103 56 533 1781
Collection TIRPAA (Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation) 533 1781
Collection INRA 2369 1400 3500 12911

Évolution dans le temps des variétés

Année Blé tendre Pomme de terre Carotte Tomate Laitue
1955 131
1974 104
1980 34 52 80
2017 390 392 73 489 428

Télécharger la fiche

1TIRPAA : Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation

Contact :

Rosine Depoix
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
rosine.depoix@gnis.fr