Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Espèces fourragères : maintenons le cap sur la performance

02 juillet 2020

Il y a encore quatre mois, qui aurait pu penser qu’une grande pandémie aurait pu envahir la planète, telle la peste au moyen-âge ou le choléra ?

Et maintenant, qui oserait penser qu’une pénurie alimentaire, voire une famine ne pourrait pas survenir, même dans les pays « riches » ? C’était le cas en 2019 dans 55 pays dans le monde où même des citoyens ayant de l’argent dans la poche n’arrivaient pas à se procurer des denrées indispensables. Et le phénomène semble s’amplifier dans certaines régions du globe. Hormis la situation sanitaire actuelle, il est constaté des prises de position révélatrices comme l’acceptation par les consommateurs des « légumes moches » ou la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Y-a-t-il un risque de pénurie durable ?

Les causes sont certainement multiples : diminution des surfaces agricoles au profit de l’urbanisation, évolution climatique, flux tendu préféré au stockage coûteux dans l’agro-alimentaire, bio agresseurs qui évoluent et des solutions de phytoprotection qui s’amenuisent… On peut aussi se demander si le développement de l’agriculture biologique ne va pas entraîner une fluctuation importante de la production d’une année sur l’autre, en fonction de la pression sanitaire.

Les prairies peuvent-elles répondre à de nouvelles attentes ?

Les graminées et légumineuses ont le paradoxe d’être capables de valoriser des espaces les plus ingrats au point de vue sol, relief et climat pour y produire les denrées alimentaires les plus nobles et indispensables à l’alimentation humaine : viande rouge et produits laitiers. Ces espaces, mais aussi les autres prairies mieux loties agronomiquement, sont souvent d’un enjeu disputé entre les productivistes et d’autres qui considèrent la prairie comme un espace où il faut simplement laisser faire la nature, au détriment de la production.

Bien sûr, la sauvegarde et le recensement de la biodiversité sont essentiels. Mais il n’y a pas d’incompatibilité avec la production agricole.

Des outils d’aide à la décision

C’est la prairie conduite de façon raisonnée, avec une flore adaptée à l’objectif d’utilisation, qui produit le plus de protéines, qui protège le mieux la qualité de l’eau et qui présente le meilleur bilan carbone (stockage dans le sol et ratio consommation/production).

Par contre, c’est l’occasion de rappeler qu’une prairie à l’abandon et non fertilisée, libère énormément de nitrates en deuxième partie de l’année. En effet, en cette période, il y a une forte minéralisation de la matière organique stockée dans le sol. L’azote libéré n’est pas utilisé par la végétation dépérissante en cette saison.

Les graminées et légumineuses fourragères sont les outils de l’élevage durable. Pour en tirer parti au mieux, il convient de bien connaître la biologie de chacune des espèces, de bien les choisir, de même pour les variétés. Mais ce n’est pas suffisant, il faut adapter la fertilisation et le mode d’exploitation. Pour tout cela, les sites www.herbe-book.org, www.herbe-actifs.org et www.prairies-gnis.org sont à la disposition de chacun pour s’informer. Mais il y aussi www.gnis-pedagogie.org pour toutes les espèces, leur biologie, la production de semences, les méthodes de sélection, les règles sanitaires.

Cultures dérobées : également des outils pour être performant

Par ailleurs, c’est le bon moment pour choisir le ou les cultures dérobées fourragères pour obtenir une production complémentaire dès cet automne. Pour cela le GNIS met à votre disposition la réglette « cultures dérobées fourragères : une source possible de fourrage supplémentaire non négligeable ». En interculture, il peut être également intéressant d’en profiter pour répondre à d’autres préoccupations concernant ces parcelles. Le choix peut être aussi déterminant. Le GNIS met également une réglette à votre disposition : « cultures intermédiaires de service : la boîte à outils de la transition agroécologique ». Pour les commander, c’est simple en allant sur le site www.gnis.fr,
https://www.gnis.fr/publication/reglette-cultures-derobees-fourrageres/ et https://www.gnis.fr/publication/reglette-cultures-intermediaires-de-service/

Contacts :

Bruno OSSON
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Rosine DEPOIX
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29 – 06 66 46 74 70
rosine.depoix@gnis.fr