Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Des fourragères adaptées à chaque modèle d’élevage

09 juillet 2020

Vue d’en haut, la France est loin d’être uniforme et homogène. Du fait de la diversité de ses climats, de la fertilité de ses sols et de leurs différentes textures ainsi que des différentes altitudes, le monde agricole a dessiné une mosaïque de situations. Il peut être également ajouté la diversité liée à l’histoire des structures foncières. La multiplicité des races d’herbivores contribue également au charme de ces paysages. Aucune exploitation n’est identique, de même qu’aucune prairie ! Pour répondre à toutes ces attentes, 20 espèces et plus de 700 variétés sont mises à la disposition des éleveurs et ont été sélectionnées pour leur adaptabilité et leurs performances. Mais il faut bien les choisir.

Une agriculture diversifiée

Les inspirations et initiatives des éleveurs ajoutent encore de la diversité à ce panel de modèles. En effet, les exploitations peuvent être des plus extensives aux plus intensives. Tout ceci est lié à la richesse des sols et à la concurrence des cultures de vente à forte plus-value comme les légumes.

Dans ces modèles, la place de l’élevage peut être prépondérante dans l’exploitation, ou partagée avec d’autres productions végétales. De plus, différentes démarches entreprises par les agriculteurs ajoutent encore davantage de diversité. C’est par exemple le choix d’adhérer au cahier des charges de l’agriculture biologique ou d’appliquer sur l’exploitation des mesures agroenvironnementales ou encore de limiter le travail du sol dans le cadre d’une agriculture dite de « conservation des sols ». Tous ces systèmes mettent en évidence l’importance de la présence de l’élevage sur l’exploitation, des rotations et de la disponibilité de la biodiversité domestiquée. Le terme « biodiversité domestiquée » est peu employé mais est essentiel. Il s’agit de la bonne connaissance de toutes les espèces et de leur variabilité intra spécifique, espèces dont on est capable de produire de la semence avec toutes les garanties génétiques et sanitaires pour l’utilisateur. Cette « biodiversité domestiquée » s’enrichit grâce au travail du sélectionneur qui oriente celui-ci en fonction des besoins et exigences du futur, qu’il faut alors imaginer avec 15 ou 20 ans d’avance !

… et des réponses adaptées

Pour chaque type d’exploitation, des espèces et des variétés fourragères sont disponibles. Ces espèces ont été sélectionnées d’abord sur trois critères, productivité, valeur alimentaire et appétence. Puis la sélection a permis d’estomper des défauts comme la vitesse de montaison chez le dactyle ou la rigidité des feuilles de la fétuque élevée. Enfin, avant d’être mise en marché, chaque variété est testée pendant trois ans dans différentes zones géographiques : nord de la France, bordure maritime, l’ouest, zone d’altitude, zone continentale. Ces trois années d’observations permettent d’établir le comportement spécifique de la variété. Les différents critères qui concernent les éleveurs sont alors notés et communiqués sur le site www.herbe-book.org.

Aux éleveurs alors, et à leurs conseillers, d’analyser toute cette information pour choisir la variété la mieux adaptée face à une situation particulière, mais aussi d’associer espèces et variétés de façon la plus pertinente.

Témoignage de Benoit VERRIELE, nutritionniste chez Avenir Conseil Elevage dans les Flandres

« Dans nos régions intensives des Flandres, il y a un regain d’intérêt pour la culture des fourragères. Un leitmotiv d’une dizaine de groupes d’éleveurs suivis par Avenir Conseil Elevage, c’est de produire 100 quintaux de lait à 7 % par vache, avec 100 € de coût alimentaire, 100 gr de concentrés par litre de lait, sans VL Production. Combiner productivité/VL, richesse du lait, coût alimentaire bas dans une région où les surfaces sont rares, c’est possible !!! Pour cela il est fondamental d’avoir des fourragères d’excellentes qualités nutritionnelles et productives !

Les choix des espèces et des variétés sont importants, la conduite de la culture (Fertilisation : N, P, K, MG, So4) et le stade d’exploitation sont primordiaux pour obtenir un fourrage avec le profil suivant : MS > à 40 %, MAT > à 15 %, PDIT > à 85gr, UFL > à 0.9, cellulose > à 22 %.

Ce fourrage peut être obtenu en cultivant des prairies permanentes, de l’herbe en pleins champs dans la rotation des cultures ou même en cultures dérobées.

4 à 6 kg de MS d’une bonne fourragère mariée avec 8 à 10 kg de MS d’ensilage de maïs et 4 kg de MS de pulpes sont de bons atouts pour produire un lait riche (TB et TP) sans VL production et en réduisant de 1 à 1.5 kg de soja par vache !!! »

Témoignage d’Alexandre Carlu, technicien à la Chambre d’Agriculture du Nord-Pas de Calais au GEDA de Desvres

« Je suis chargé, entre autre, du développement de l’agriculture biologique. La région du Boulonnais et du Haut Pays est une région d’élevage de par sa nature difficile : sols hétérogènes, du relief, une bonne pluviométrie et des zones plus froides que dans le reste du département. Le potentiel pédo-climatique de ces secteurs limite la possibilité de viser des performances techniques comme dans les régions voisines. Par contre, l’agriculture biologique y a toute sa place. Pour cela, à côté de la prairie naturelle, la prairie temporaire (3 ans en général) reste la base d’une rotation bio (encore plus si elle peut être assolée avec des céréales, du maïs, des betteraves fourragères ou du méteil). Elle permet d’étaler la production et la durée de pâturage de qualité. Elle permet aussi de constituer des stocks de qualité et de bien valoriser le travail de récolte que ce soit en foin, en enrubannage ou en ensilage.

Pour cela j’attache beaucoup d’importance au choix des espèces et variétés, à la qualité de l’implantation, au stade de récolte et à valoriser les effluents d’élevage. »

 

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