Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Bien entretenir ses prairies pour préserver la biodiversité, la qualité de l’eau, l’environnement et l’élevage

02 octobre 2020

La qualité des prairies et la qualité de l’eau sont liées. Les résultats technico-économiques pour l’élevage et la sauvegarde d’une riche biodiversité sont tout aussi importants. Qu’il s’agisse d’agriculture conventionnelle ou bio, avec un chargement élevé en animaux par hectare ou moins intensif, en prairie naturelle ou en prairie semée, la bonne gestion du couvert végétal va impacter la qualité de l’eau, la biodiversité et la performance de l’exploitation.

Qualité de la prairie, c’est l’animal qui décide

Une prairie de qualité est une prairie capable d’exprimer le potentiel pédoclimatique de la parcelle. Toutefois, celle-ci doit être constituée, également, d’une flore appétente pour les animaux, de bonnes valeurs alimentaires, ayant une productivité bien répartie tout au long de la saison herbagère et très ingestible. C’est-à-dire que l’animal va en consommer une part importante.

Une parcelle bien exploitée pour une eau de qualité

La qualité de l’eau est bien sûr essentielle, dans l’intérêt général. Concernant celle-ci, plusieurs aspects sont à prendre en compte : la capacité du sol à absorber l’eau et les eaux de ruissellement provoquant de l’érosion, pouvant véhiculer de la matière organique ou des éléments minéraux…. En cela, une bonne prairie est exemplaire. En effet cette dernière représente un excellent frein pour les ruissellements de surface. Elle constitue également un atout formidable pour permettre à l’eau de s’infiltrer et de piéger les éléments organiques et minéraux et en particulier les nitrates. Néanmoins, le piégeage des nitrates peut s’interrompre dans certaines circonstances.

Bonne prairie, bon piège à nitrates

Même si l’on n’apporte pas d’engrais azoté, la prairie produit des nitrates issus de la minéralisation de la matière organique du sol. Cette minéralisation est surtout liée à la température. Elle débute en mars et est à son optimum en été. Elle régresse ensuite pour s’interrompre en hiver. Or, si à certains moments les nitrates produits ne sont plus absorbés et même valorisés par une végétation active et poussante, cet azote dissous dans l’eau va tout à fait naturellement transiter vers les nappes phréatiques.

Cette migration s’effectue lorsque la prairie est mal exploitée ou lorsque l’herbe est épiée.

Par ailleurs, cette végétation haute, jaunie et vieillie ne satisfait pas les besoins des animaux en production ou en croissance. Les performances technico-économiques s’effondrent, il faut compenser par l’achat de concentré, souvent du tourteau de soja.

Prairies dégradées : pertes économiques et environnementales

D’autre part, ces prairies que l’on remarque parfois dans le paysage dès la fin juin, réduisent la biodiversité par étouffement, orientent la flore du rumen vers les bactéries cellulolytiques qui rejettent infiniment plus de méthane qu’avec une ration riche en sucre (herbe tendre).

Lorsqu’une prairie est mal exploitée, les graminées terminent leur cycle de reproduction et produisent des graines. Les plantes cessent alors de croître, meurent ou se dessèchent et ne produisent plus jusqu’au printemps suivant.

L’occasion se présente de rendre hommage à André Voisin, précurseur de l’agriculture raisonnée et à son livre de 1957 : « la productivité de l’herbe ». Tout ce qu’il a écrit est bien sûr vrai encore aujourd’hui et le sera encore dans cinquante ans !

Une prairie mal exploitée est donc néfaste pour l’environnement et pour l’économie.

Stockage du fourrage sur pied, ça se gère

Une solution pour disposer de fourrage l’été tout en alliant environnement et performance technico économique est le stockage sur pied de fourrage : ce dernier, récolté directement par l’animal, est bien sûr plus économique et cette méthode peut éviter des apports de fourrages récoltés et stockés par ailleurs. La nature et le climat font que la productivité de l’herbe n’est pas régulière. La production est importante au printemps, l’on assiste ensuite, souvent, à une pénurie en été due à la chaleur et à la moindre disponibilité en eau. Il est donc possible de conserver une végétation haute en stock pour le pâturage. Il existe, néanmoins, quelques règles simples à respecter pour que l’herbe soit de qualité : faire déprimer tôt au printemps pour favoriser le tallage et éventuellement réaliser un pâturage faisant office d’ététage. Enfin, il est possible de laisser croître la biomasse en y associant des légumineuses adaptées aux types de sols et à son PH et poussant l’été, pour augmenter la qualité.

L’introduction de nouvelles espèces et variétés permet d’être plus performant, d’améliorer la productivité tout en maintenant une bonne qualité. Cela passe par une meilleure connaissance des espèces et variétés, de leur biologie et de leurs stades physiologiques. Les critères sont nombreux mais pour répondre aux objectifs, productivité, qualité de l’eau, qualité environnementale et qualité du fourrage, l’on s’attachera plus à ceux concernant l’efficience de l’eau, la résistance à la chaleur et la remontaison, ainsi que la résistance aux maladies. Ces espèces et types de variétés pourraient être introduits soit par rénovation totale soit par sursemis.

Les sites www.prairies-gnis.org, www.herbe-book.org, et www.herbe-actifs.org sont des outils à la disposition de chacun pour aider à raisonner son système d’exploitation.

Préserver la production économique de lait ou de viande va donc de pair avec la préservation de l’eau et de l’environnement. Il est ainsi essentiel de maintenir le bocage et les prairies en bon état en maintenant l’élevage.

 

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Contacts :

Bruno OSSON
Technicien Développement
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bruno.osson@gnis.fr

Rosine DEPOIX
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29 – 06 66 46 74 70
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