Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
0

Prairies, un choix de plantes bénéfique pour tous

Juin 2016

Bruno Neyroud, éleveur entre la plaine de l’Isère et les contreforts de Chambarans, conduit un troupeau de vaches laitières en IGP Saint-Marcellin. Il utilise de longue date un mélange de semences spécialement adapté à ses prairies. Il le conseille volontiers aux communes comme base pour conduire leurs espaces dédiés au pâturage.

Ce 1er mai 2016, les 70 vaches laitières et autant de génisses du Groupement agricole d’exploitation en commun de Sully, sont restées à l’étable. « Avec 2-3°C et la pluie, elles sont mieux à l’abri ! », explique Bruno Neyroud, Président du Comité pour le Saint-Marcellin et éleveur. « Nous avons pu les sortir assez tôt cette année, dès le 12 mars, car l’herbe était abondante. » Les prairies temporaires, semées tous les 5 à 7 ans, sont disséminées autour de l’exploitation principale. Leurs 18 hectares, sur les 100 de l’exploitation, sont essentiels dans la conduite du troupeau. Celui-ci bénéficie de l’indication géographique protégée (IGP) Saint-Marcellin, soumise à un cahier des charges précis. « Lesvaches doivent être au moins 180 jours par an dans les prés, être nourries au moins de 50 % d’herbe. » La ration pour le troupeau du Gaec atteint 65 % d’herbe.

Bon pour les animaux, bon pour l’environnement

Un plus pour les animaux, un plus pour l’environnement aussi. « Nous entretenons 13 kilomètres de bordures de bois ou de haies », précise Bruno Neyroud. La ferme vient d’être évaluée dans le cadre des programmes pour un élevage « bas carbone ». « Les prairies ne sont retournées que tous les 6 ans en moyenne, il y a donc moins de perte de carbone », explique-t-il. « Les légumineuses que nous utilisons dans nos mélanges apportent de l’azote nécessaire à la pousse des graminées ». Des explications qui ne sont pas toujours simples à formuler auprès des non initiés ! « Le livre blanc que vient d’éditer le Gnis reflète bien notre réalité. Lorsque nous expliquons notr métier, les gens sont toujours étonné de sa technicité. » L’information passe mieux lorsqu’elle est portée par des produits. La ferme livre maintenant 30 % de sa collecte de lait à une petite fromagerie artisanale qui valorise le travail en IGP auprès de ses clients directs et, depuis peu, dans les cantines de deux collèges de la région.

L’équilibre par le mélange

« Il pourrait être intéressant pour des communes qui disposent de prairies, voire de pâturages, de partir de notre mélange Saint-Marcellin », poursuit Bruno Neyroud. « Il est composé de cinq espèces : fétuque élevée, dactyle, ray-grass anglais (deux variétés), trèfles blancs (deux variétés également) et lotier. » Chacune apporte des éléments complémentaires : date de pousse, hauteur, résistance à la sécheresse… Le mélange est travaillé depuis dix ans sur les exploitations de l’appellation. « Ajoutez du sainfoin ou de la luzerne pour la fauche, du trèfle violet ou de la fléole en terrain plus humide… c’est un point de départ très équilibré qui peut s’adapter aux différentes situations », conclut-il avec passion.

Un livre blanc sur les pâturages

Le Gnis vient d’éditer un document de partage et d’échanges sur les pâturages en France. Il vise à montrer la contribution des espèces fourragères pour la santé du consommateur, de l’animal et pour l’environnement. Description des principales espèces, bénéfice de l’herbe sur le bien-être animal et l’environnement… Cet ouvrage est émaillé de nombreux témoignages, dont celui de Bruno Neyroud.