Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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La sécurité alimentaire sera assurée grâce à l’innovation

Mai 2018

Pierre Pagès
Vice-président du Gnis, Président de la section maïs et sorgho

La production mondiale de maïs, évaluée à plus de 1 milliard de tonnes pour la campagne 2017-2018(1), ne cesse de croître sous la pression démographique. Elle a été sécurisée par le recours aux biotechnologies,notamment aux États-Unis. Du coup, ce pays, qui affichait une production annuelle de maïs 10% inférieure à celle de l’Europe, il y a dix ans, en produit aujourd’hui entre 10 et 20% de plus que le Vieux Continent [voir graphique ci-contre], avec une rentabilité à l’hectare supérieure ! Et l’écart ne cesse de se creuser.

Je comprends les blocages sociétaux qui conduisent la France à s’interroger sur les biotechnologies, mais nous devons être très vigilants, car l’innovation génétique est au cœur de l’agriculture de demain : c’est elle qui permettra d’augmenter la productivité tout en diminuant la quantité d’intrants. Les conditions d’accès à ces innovations, notamment réglementaires, seront déterminantes pour accompagner la transformation de l’agriculture.

On ne peut nous demander de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, tout en nous empêchant de recourir aux progrès de la génétique. Cette double peine entraînerait une fragilisation de l’agriculture française et européenne, tandis que dans le même temps, nous avons importé 5 millions de tonnes de maïs OGM brésilien en 2017(2) !

Une production mondiale de maïs de 1,03 milliard de tonnes en 2017-2018

Aujourd’hui, la sécurité alimentaire mondiale est assurée. Mais l’équilibre entre l’offre et la demande reste fragile. Il suffi t d’un aléa climatique pour que les prix flambent et qu’une crise alimentaire surgisse, comme en 2008. Pour accompagner l’accroissement démographique,les producteurs de céréales ont besoin d’innovation. C’est elle qui permettra d’augmenter la productivité. A surface égale, un agriculteur russe a un rendement de 3 tonnes de blé à l’hectare, alors que le Français en produit entre 8 et 10.

(1) Selon la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee).
(2) Selon le dernier bilan des marchés de l’Union européenne.