Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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À Nantes, préserver et reconquérir la biodiversité

Janvier 2017

Nantes mise sur le développement de la nature en ville, avec des projets fortement axés sur la préservation et la reconquête de la biodiversité. Capitale verte européenne en 2013, la ville aux 100 jardins s’est entourée des compétences nécessaires en la matière.

À Nantes, préserver et reconquérir la biodiversité

Pour Nantes, le développement urbain ne doit pas empiéter sur la nature ni sur la biodiversité.
« Nous cherchons avant tout l’apaisement et le bien-être des citoyens », introduit Jacques Soignon, directeur du service des espaces verts et de l’environnement (Seve) de Nantes. Le jardin botanique constitue le centre névralgique de la politique de préservation de la biodiversité. « Nous recensons plus de 10 000 plantes, soit 4 % de la biodiversité mondiale », intervient Romaric Perrocheau, directeur du jardin des plantes et référent biodiversité pour les espaces verts de la ville des Pays-de-la-Loire. La totalité des 1 500 espèces recensées dans le massif armoricain breton y est également cultivée depuis plus de 50 ans.

Le service des espaces verts de Nantes a végétalisé le toit d’une école. Objectif : recréer des milieux naturels spécifiques de la région

Préserver les espèces lors des chantiers d’urbanisme

Pour autant, le jardin des plantes n’a rien d’un sanctuaire de la biodiversité. Il constitue un véritable pôle d’expertise, dont les compétences sont recherchées pour les projets d’urbanisme. « Nous disposons d’une connaissance unique sur les conditions de vie de certaines plantes, poursuit le référent biodiversité. Nous avons ainsi été sollicités dans le cadre de travaux qui compromettaient la préservation de l’Angélique des estuaires, une espèce qui ne subsiste que dans certains microclimats. Des graines ont été récoltées avant le début du chantier, conservées dans le jardin botanique puis réintroduites. » Autre exemple qui touche l’agriculture : la tulipe des vignes, une plante qui avait disparu de la région depuis trente ans. « Nous avons multiplié des graines à partir de quelques échantillons, indique Romaric Perrocheau. Depuis cinq ans, nous la réintroduisons dans des vignobles en agriculture biologique. »

Des jardiniers bien encadrés

L’appui de Philippe Férard, botaniste, s’avère précieux. Il prodigue des conseils pointus sur la gestion des espèces à l’ensemble des équipes techniques du service des espaces verts. Des connaissances mises à profit pour recréer deux milieux naturels emblématiques de la région, la dune et la lande… sur le toit d’une école publique ! « Préserver dans la durée la biodiversité dans les espaces verts n’est pas un exercice facile. Les jardiniers de la ville y parviennent grâce à un cahier des charges précis, validé point par point par notre botaniste », développe Romaric Perrocheau.

Jacques Soignon, directeur du service des espaces verts et de l’environnement (Seve) et Romaric Perrocheau, directeur du jardin des plantes et référent biodiversité à la mairie de Nantes

Des graines pour fleurir les trottoirs

Les Nantais sont également sollicités pour développer la nature en ville. La ville a lancé en novembre l’opération « Ma rue est un jardin » : les habitants sont invités à donner des idées pour végétaliser leur quartier. Et des graines sont mises à disposition pour fleurir leurs lieux de vie.

 

 

EN CHIFFRES

Nantes, c’est :

  • 100 jardins
  • 1100 hectares d’espaces verts
  • 470 agents techniques

 

 

Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole

 

« Devenir une ville dans un jardin »

« À Nantes, nous agissons fortement en faveur de la biodiversité et de la nature en ville avec les habitants et le Conseil nantais de la nature en ville. C’est une priorité pour construire une ville du bien-vivre ensemble, qui protège son environnement et valorise ses espaces naturels. Chaque habitant vit à moins de 300 mètres d’un espace vert public. J’ai l’ambition que la nature irrigue l’ensemble de nos aménagements urbains. C’est pourquoi je porte aussi le projet de l’Étoile verte, qui vise à mettre en réseau les parcs et jardins pour que Nantes, la ville aux 100 jardins, deviennent la ville dans un jardin. J’ai lancé il y a quelques semaines l’appel à projets « Ma rue est un jardin » pour que chacune puisse proposer des actions de végétalisation de sa rue. Et j’ai accepté d’être marraine de l’opération nationale « La biodiversité en action ».