Communiqués techniques agricoles
Plant certifié de pomme de terre : La génétique au coeur du progrès
29 janvier 2010
"La force d'une filière, c'est sa capacité à innover"
Grâce aux ressources liées à l'utilisation de plants certifiés, les sélectionneurs mettent chaque année sur le marché des variétés innovantes par leur qualité agronomique et leur valeur d'utilisation.
« La force d’une filière, c’est sa capacité à innover. La création variétale nous permet d’être toujours compétitifs. Il est dommage que tout le monde ne le comprenne pas ». Ne parlez pas à Jean-Charles Quillet des plants fermiers de pomme de terre, il rentre aussitôt dans une colère froide : « Le poste plants certifiés représente certes un montant important et la tentation est grande de s’en remettre aux plants fermiers. Mais que de risques pour l’exploitant et pour la filière, tant en termes de régularité de production que de sécurité sanitaire ! »
Le plant certifié, un gage de
performance économique
Installé dans l’Eure sur une exploitation de
polyculture (blé, betterave), où il consacre
quelques 85 ha aux plants de pomme de
terre, Jean-Charles Quillet est un fin
connaisseur de la filière. Il préside
le comité Nord plants de pomme de
terre qui rassemble environ 500 producteurs
ainsi que la section plants de
pomme de terre du Groupement national
interprofessionnel des semences et
plants (GNIS). Il rappelle que la France est
l'un des rares espaces européens à avoir
maîtrisé son environnement sanitaire.
« Il faut continuer à le protéger et l'une
des façons d'y parvenir passe
par l'utilisation du plant certifié. Pour
les producteurs, c'est un gage de
performance économique mais c'est
également une question d'acte citoyen et
de responsabilité vis-à-vis de sa région et
de sa filière ». Jean-Charles Quillet voit
plus loin : « Il est indispensable que les
sélectionneurs, qui créent les variétés
dont nous aurons besoin demain,
puissent bénéficier des ressources liées
à l'utilisation des plants certifiés ».
L'amélioration continue
des variétés
La patience est la meilleure arme du
sélectionneur de pomme de terre. Il lui
faut dix ans pour créer une nouvelle
variété. Une sélection progressive au cours
de laquelle il aura vérifié la fermeté,
la qualité gustative, la résistance aux
maladies, etc. Dix autres années seront
nécessaires pour parvenir à une production
suffisante et une reconnaissance par
le grand public. « Chaque année les
producteurs de plants investissent plus
de 2,5 millions d’euros pour la recherche
et le développement », précise Jean-
Charles Quillet. A ce chiffre, doivent se
rajouter les investissements réalisés par
les stations de création variétale qu'elles
soient françaises ou européennes, grâce
aux ressources issues du COV.
Les variétés, comme les oeuvres
artistiques, bénéficient d'une sorte de droit
d'auteur: le certificat d'obtention végétale
(COV). C’est une solution juridique qui a été
retenue en France et dans toute l’Union
européenne. Contrairement au système de
brevet, appliqué aux Etats-Unis par
exemple, elle laisse la ressource génétique
libre pour quiconque souhaite l’exploiter,
ce qui garantit l'amélioration continue
des variétés.
« Ce système de propriété intellectuelle remplit pleinement son objectif de promotion de la création variétale pour le bénéfice de tous, explique Jean-Charles Quillet. Mais nous devons rester vigilants sur son application. L’utilisation des plants fermiers est un danger pour la profession. N’oublions jamais, comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants ».
Des clients aux attentes différentes
Le défi pour le sélectionneur de pommes de terre, c’est de mettre au point des variétés
pour des clients qui ont tous des attentes différentes : les industriels, les consommateurs,
les agriculteurs. Les premiers exigent des variétés destinées à être transformées en
fécule, chips et frites. Les seconds veulent de belles pommes de terre à chair ferme. Les
troisièmes souhaitent un rendement important et une bonne résistance aux stress et aux
parasites... Dans tous les cas, il s’agit de créer des variétés plus résistantes aux
pathogènes (mildiou et autres champignons, virus, nématodes, bactéries…) et moins
sensibles au stress hydrique. « Nous n’avons pas attendu le Grenelle de l’environnement
pour nous intéresser à l’agriculture durable », commente Éric Bonnel, directeur de
recherche de Germicopa. Aujourd'hui, de nouveaux objectifs se font jour comme par
exemple la mise au point de variétés adaptées à de nouveaux débouchés.
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En France, l’activité de création variétale est assurée par quatre stations : Bretagne Plants, Comité Nord, Germicopa et Grocep. Chaque année, elles consacrent un budget de recherche de plus de 3 millions d’euros qui leur permet d’inscrire de nouvelles variétés dans tous les créneaux d’utilisation. Actuellement plus de 350 variétés sont multipliées sur 16.000 hectares répartis dans trois grandes régions agricoles : le Nord, l’Ouest et le Centre-Sud. |
Contact : Catherine Dagorn
GNIS - 44 rue du Louvre 75001 Paris
tel : 01 42 33 79 16 - section.pommesdeterre@gnis.fr