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Communiqués techniques agricoles

Plant certifié de pomme de terre : la qualité sanitaire

22 janvier 2010

Devant l'investissement représenté par le poste plant, certains producteurs hésitent à l'approche des plantations... Plants certifiés, plants de ferme, quelle est la meilleure stratégie pour assurer la réussite de la culture et optimiser sa performance économique ? Voici les avis croisés d'un utilisateur et d'un responsable de contrôle et de la certification des plants.


«Avec un mauvais plant, on est sûr d'avoir une mauvaise récolte». Éric Delacour qui cultive chaque année une quarantaine d'hectares de pomme de terre à Aulnois-sous-Laon, dans l'Aisne, est un partisan convaincu du plant certifié. «C'est une sécurité contre les risques sanitaires et un investissement pour viser la meilleure qualité», souligne-t-il. Que pense-t-il de l'intérêt économique de faire ses plants ? «Faire des impasses sur le poste plant, en recherchant une économie de court terme, peut avoir des conséquences négatives sur la qualité, et donc sur le prix de vente. De plus, cela fait prendre de très grands risques économiques au producteur et à la filière en raison des risques sanitaires».

Des plants certifiés pour éviter les contaminations
«Pour éviter la contamination des sols, des cultures et de l'environnement, il est indispensable d'utiliser collectivement des plants certifiés qui répondent à des normes officielles très strictes de qualité sanitaire», explique Gérard Crouau, contrôleur national plants de pomme de terre au Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC). Ces plants sont issus d'un processus long et rigoureux, qui dure de 6 à 10 ans, avec des contrôles sanitaires à tous les stades de production. Ces contrôles concernent à la fois des parasites dits de qualité, pour lesquels une tolérance est admise comme pour certains virus ou certaines gales, et des parasites de quarantaine pour lesquels aucune tolérance n'est admise : c'est le cas des bactéries responsables de la pourriture brune ou de la pourriture annulaire. Leur apparition sur une parcelle doit être obligatoirement déclarée et entraîne immédiatement le blocage de la parcelle et du lot et la mise en place d'un plan d'éradication sous l'autorité du Service de la Protection des Végétaux. Cela conduit également à une interdiction de production sur cette zone pendant plusieurs années. Les conséquences économiques peuvent ainsi être considérables, non seulement pour l'exploitant mais également pour l'ensemble de la filière.

Des conséquences graves pour l'environnement et la commercialisation
Le plant est un produit fragile, qui peut être vecteur d'un très grand nombre de maladies (virus, champignons, bactéries...). Celles-ci peuvent avoir des conséquences directes sur la production (pertes de rendement, de qualité des récoltes et de conservation). Elles peuvent aussi se répandre dans l'environnement et contaminer des zones entières de production. De plus, certains parasites ou maladies peuvent se conserver longtemps dans le sol. Ils compromettent alors pendant plusieurs années la culture de la pomme de terre, voire d'autres cultures à racines. Le processus de certification des plants avec ses contrôles sanitaires permet de limiter ces risques. 

Les producteurs français ont su jusqu'à présent préserver leur environnement sanitaire
«L'utilisation de plants non certifiés fait courir un risque à la France, qui est l'un des rares espaces européens à avoir maîtrisé son environnement sanitaire, poursuit Gérard Crouau. Il faut continuer à le protéger et l'une des façons d'y parvenir passe par l'utilisation du plant certifié». Pour les producteurs, la certification est non seulement un gage de performance économique mais c'est également «une question d'acte citoyen et de responsabilité vis-à-vis de sa région et de sa filière», comme l'explique Eric Delacour. «J'utilise le plant certifié à 100 % depuis toujours. Le groupe McCain à qui je livre la majeure partie de ma production de pommes de terre, l'exige d'ailleurs de façon contractuelle».

 

Au terme d'un long processus, placé sous le contrôle du Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC), service accrédité selon la norme EN 45011, la procédure de certification se termine par l'apposition sur les emballages de l'étiquette officielle : le certificat du SOC. Sur ce certificat figure également la mention «Passeport phytosanitaire», attestant du respect des exigences phytosanitaires européennes.

 

Contact : Catherine Dagorn
GNIS - 44 rue du Louvre 75001 Paris
tel : 01 42 33 79 16 - section.pommesdeterre@gnis.fr





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