Le secteur des semences français, un atout économique majeur, présent sur tout le territoire

Le secteur des semences français, un atout économique majeur, présent sur tout le territoire

juillet 2007

Avec un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d'euros,
dont 650 millions d'euros à l’exportation, la France est le premier producteur européen de semences et le troisième exportateur mondial. Notre pays occupe une position stratégique au niveau international. Les acteurs français de ce secteur sont encore nombreux et comptent de nombreuses PME.

La France, de par la diversité de ses sols et climats, est un grand pays de production car tout type de culture y trouve des conditions adéquates.
310 000 hectares sont dédiés à la production de semences.
Les semences les plus produites (surfaces) sont celles de blé (83 000 ha), de maïs (40 000 ha) et d'orge (37 000 ha), suivies de loin par les semences potagères (16 000 ha) puis par les plants de pommes de terre (15 000 ha) et les semences de tournesol et de pois protéagineux (9 000 ha chacune).

Chiffre d'affaires du secteur semences

(en millions d'euros)
Exportations 650
Ventes en France
1 290
Chiffre d'affaires total
1 940
Balance commerciale
+ 317

Les céréales à paille et les protéagineux

La culture de céréales à paille - blé tendre et dur, orge, avoine, seigle, triticale, riz, sarrasin, épeautre - est la première culture en France et dans le monde. La France est le 1er pays producteur en Europe, avec plus de 7 millions d'ha. Les céréales à paille sont utilisées pour de nombreux débouchés : meunerie, semoulerie, malterie, brasserie, amidonnerie, alimentation animale et bioéthanol.
La production de semences de céréales à paille occupe près de la moitié des surfaces de multiplication totales, avec 150 000 ha, réparties un peu partout en France. Le nord de la Loire reste la plus grande région productrice, notamment le bassin parisien, la Champagne-Ardenne et la Beauce.
Plus de 60 nouvelles variétés sont créées chaque année. Les principales améliorations concernent la résistance aux maladies et la qualité boulangère du blé, en plus du rendement. Dix-huit entreprises de sélection se consacrent en France aux céréales.
Les protéagineux - féverole, lupin blanc et pois protéagineux - sont utilisés en alimentation animale.
La production de semences de protéagineux occupe 12 000 ha, dont la majorité (9 000 ha) en pois protéagineux. Une dizaine de variétés sont créées chaque année par 12 entreprises de sélection. Les semences de céréales à paille et de protéagineux sont produites par 80 entreprises de production et 8 000 agriculteurs multiplicateurs. Les ventes représentent 13 % du marché total de semences français.


Une espèce est constituée d'un groupe d'individus, animaux ou végétaux, qui se ressemblent et qui peuvent se reproduire entre eux, mais ordinairement stériles avec tout individu d'une autre espèce. Homme, chien, cochon, maïs, carotte, blé... sont des espèces. En agriculture, on emploie le terme de "race" pour les animaux et de "variété" pour les plantes. Au sein d'une espèce végétale, une variété est un ensemble homogène de plantes clairement identifiées par des caractères morphologiques, physiologiques et génétiques qui les distinguent des autres plantes de la même espèce.

Le maïs

La France cultive 25 % des surfaces européennes en maïs, avec près de 3 millions d'hectares. Les débouchés du maïs sont très variés : alimentation animale, biocarburants (bioéthanol) industrie agroalimentaire avec l'amidonnerie, la semoulerie, l'huilerie.
Avec 641 millions d'euros, les ventes de semences de maïs représentent le plus fort chiffre d'affaires du secteur semences (32 % du chiffre d'affaires total), dont une grande partie à l'exportation (41 %).
Elles sont produites sur 45 000 ha dans 40 départements, essentiellement dans le Sud-Ouest, mais aussi dans les Pays de la Loire, la vallée du Rhône et en Auvergne, par 22 entreprises de production. La recherche en maïs est très dynamique, avec une centaine de nouvelles variétés créées chaque année par les 13 entreprises de sélection en France. Ainsi, le maïs fourrage, destiné à l'alimentation animale, est amélioré pour des critères comme la digestibilité et l'appétence, tandis que le maïs grain, destiné à l'industrie ou à l'alimentation animale, est amélioré pour sa composition et sa teneur en amidons par exemple. De manière générale, le maïs est aussi sélectionné, entre autres, pour augmenter son rendement et sa rusticité : résistance aux maladies et à la sécheresse.

Les potagères

La France est le 3e producteur de légumes frais de l'Union européenne, derrière l'Italie et l'Espagne. C'est également un gros producteur de légumes pour l'industrie (conserves, surgelés, 4e gamme...). Les principales espèces cultivées en France sont les tomates, suivies des carottes puis des choux et choux-fleurs, endives, haricots verts, laitues et oignons.
Avec 15 000 ha de multiplication, les semences et plants de potagères et florales représentent 25 % (450 M?) du marché des semences.
Les plants de légumes à partir de semences sont en plein essor.
Destinés à deux marchés différents - les professionnels (agriculteurs, maraîchers et techniciens d'espaces verts) et les amateurs (jardiniers) -, les semences et plants de potagères ont une grande valeur ajoutée et constituent un univers à part entière.
Les sociétés qui s'y consacrent sont principalement situées en Anjou (et plus largement dans la région Pays de la Loire) et dans le Sud Est. Il existe 27 entreprises de production et 2 200 agriculteurs multiplicateurs.
Avec près de 200 nouvelles variétés par an, la recherche est très dynamique : 22 sociétés de sélection en France font de la création variétale. Les principaux critères travaillés sont les résistances aux maladies, l'aspect et les qualités organoleptiques.


L'interdiction des traitementsde semences :
un handicap majeur


Suite à l'interdiction des traitements de semences Régent et Gaucho (en France uniquement), les rendements des cultures concernées ont chuté brutalement dans certaines régions, faute de moyens alternatifs de lutte contre certains insectes ravageurs. Les pertes dues aux ravageurs se chiffrent à 91 M? pour le maïs (c'est-à-dire 700 000 tonnes), 40 M? pour le colza et 10 M? pour le tournesol, soit au total un manque à gagner de 150 M? (équivalent au revenu annuel moyen de 10 000 agriculteurs).
Et pourtant, l'enquête prospective multifactorielle menée par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) ne démontre pas la responsabilité de ces produits dans les troubles des abeilles entre 2002 et 2005, et identifie de nombreuses autres causes (maladies parasitaires, déficit alimentaire, déficiences cliniques).

Les oléagineux

La France est le 1er pays producteur de tournesol en Europe, et le 2e producteur de colza derrière l'Allemagne. Les oléagineux sont principalement destinés à la fabrication d'huile alimentaire et à l'alimentation animale (tourteaux), mais ils sont aussi utilisés dans des produits comme les lubrifiants, les huiles de moteur, les plastiques ou même les cosmétiques. Avec l'essor des biocarburants, la culture d'oléagineux connaît une forte augmentation pour la production de biodiesel.
La production de semences est ainsi passée de 10 000 ha en 2002 à 19 000 ha aujourd'hui, dont la moitié en tournesol. Les semences de tournesol sont produites dans tout le sud de la France, et plus particulièrement dans le Sud-Est, ainsi que dans le Centre-Ouest.
Trente sociétés et 2 000 agriculteurs multiplicateurs produisent les semences d'oléagineux.
Une trentaine de nouvelles variétés sont créées chaque année. Les 23 entreprises de sélection en France améliorent par exemple la résistance aux maladies, la teneur en huile et le profil en acides gras (développement des variétés oléiques, à forte teneur en acide oléique).

Les fourragères et gazons

En France, les surfaces en herbe représentent 45 % de la surface agricole utile (SAU), et les prairies cultivées 23 % de ces surfaces en herbe, soit 3 millions d'ha. Les surfaces de gazon représentent quant à elles 1,1 million d'ha.
Parmi les fourragères, on distingue les graminées (ray-grass, fétuque, dactyle...) et les légumineuses (luzerne, trèfle...). Destinées à l'alimentation animale et aux espaces verts (gazons), les plantes fourragères ont aussi été développées pour les jachères avec la réglementation agro-environnementale : elles servent à piéger les nitrates et à lutter contre l'érosion par exemple.
Les fourragères occupent une part non négligeable de la production de semences, avec 46 000 ha, et une part de marché de 7 %. Vingt-trois entreprises et 5 000 agriculteurs multiplicateurs y travaillent.
Cinq entreprises de sélection se consacrent à la création de nouvelles variétés de fourragères et gazons en France. Quarante-cinq nouvelles variétés par an, dont 15 en gazon, sont inscrites au catalogue français. Les variétés sont améliorées pour des caractéristiques comme la résistance aux maladies, la valeur alimentaire pour les fourrages ou la finesse et la résistance au piétinement pour les gazons.

Le catalogue des espèces et variétés

Afin que les semences d'une variété puissent être commercialisées, la loi française exige l'inscription de la variété au catalogue des espèces et variétés. Pour être inscrite, la nouvelle variété doit prouver qu'elle est distincte des variétés existantes (donc nouvelle), homogène (constituée de plantes identiques) et stable (elle conserve ses qualités dans les générations suivantes). Les variétés agricoles doivent en plus apporter un progrès agronomique et/ou technologique. Les tests sont réalisés par le Geves (Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences), puis l'inscription est acceptée ou refusée par le ministère de l'Agriculture.
Le catalogue a été créé en 1932 à la demande des agriculteurs. Il répertorie les variétés, ce qui permet d'éviter que des variétés différentes soient vendues sous le même nom, ou qu'une même variété ait des appellations différentes. Chaque année, 400 à 500 nouvelles variétés, potagères et agricoles, sont inscrites au catalogue.
Le catalogue est consultable sur le site www.gnis.fr, rubrique "catalogue des variétés".

Les pommes de terre

La pomme de terre est le légume le plus consommé, et la 4e plante la plus cultivée au monde derrière le blé, le maïs et le riz. En France, la consommation à l'état frais atteint plus de 35 kg par personne et par an, et plus de 25 kg pour les produits transformés (purée, frites, chips...), soit 60 kg au total. La pomme de terre est destinée à 3 grandes utilisations : le marché du frais, la transformation industrielle et la fécule (amidon utilisé dans de nombreux secteurs).
Plus de 1 000 variétés sont inscrites au catalogue européen. En moyenne, 5 nouvelles variétés sont créées chaque année en France par les 5 entreprises de sélection. Quinze à vingt ans de recherche sont nécessaires à la création d'une nouvelle variété. Les pommes de terre sont améliorées en fonction de leurs débouchés : aptitude culinaire et goût pour le frais, teneur en matière sèche, teneur en fécule ou type d'amidon pour la transformation, mais aussi pour la résistance aux maladies par exemple.
Les plants de pommes de terre sont produits sur près de 15 000 ha par 136 sociétés et un millier d'agriculteurs-multiplicateurs. La production est localisée sur 3 régions principales : le Nord, la Bretagne et le Centre-Sud.

Les betteraves

Trois types de betterave sont cultivés en France : les betteraves sucrières ; dans une moindre mesure, les betteraves fourragères pour l'alimentation du bétail, et les betteraves potagères (rouges) pour l'alimentation humaine.
La France est le 1er producteur de sucre de betterave au monde, devant les États-Unis et l'Allemagne. Plus de 30 nouvelles variétés sont créées chaque année par 5 entreprises de sélection. La recherche porte sur la résistance aux maladies (en particulier la rhizomanie), la propreté à la récolte et la teneur en sucre. Il faut 12 à 15 ans pour créer une nouvelle variété.
Les semences de betterave sont produites par 1 000 agriculteurs multiplicateurs et 7 entreprises de production sur 3 500 ha. Alors que la production de betterave se situe plutôt dans le nord de la France, celle de semences est localisée principalement dans le Sud-Ouest.
Plus de 75 % de la production française de semences sont exportés.



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