30 années de coopération pour la sauvegarde de la biodiversité du maïs

30 années de coopération pour la sauvegarde de la biodiversité du maïs

mars 2005

Plante d'origine américaine, cultivée il y a déjà 7 000 ans par les indiens des plateaux du Mexique, les premiers maïs ont été rapportés d'Amérique par Christophe Colomb en 1493. Cultivé d'abord en Andalousie, le maïs se diffuse en Europe aux XVIe et XVIIe siècles et commence alors son développement, des populations locales jusqu'à la création de variétés hybrides.

évolution génétique du maïsLe maïs, une diversité génétique à préserver

En France, il est mentionné dans le sud-ouest dès le début du XVIIe siècle. Mais il s'est également implanté en Poitou, en Bresse, en Alsace, au Pays Basque, dans le Béarn. A partir des variétés introduites, les cultivateurs ont adapté, pendant plusieurs siècles, la plante à leurs besoins. En choisissant les grains des plus beaux épis pour leurs semis, ils ont créé empiriquement des populations locales. On peut classer ces "populations locales" selon leur cycle de végétation (précoce ou tardif), la couleur de leur grain (blanc, jaune ou roux), la texture de leur grain (corné et vitreux / denté et farineux). Dans les années 1950, des travaux de sélection furent entrepris en particulier par l'INRA. Ils permirent la création de variétés hybrides de maïs plus productives, qui pouvaient être cultivées à plus grande échelle et dans d'autres régions, grâce à un cycle court de végétation et une plus grande tolérance au froid.
Ce fut le départ d'un extraordinaire essor des travaux de sélection liés au maïs et qui se poursuit aujourd'hui, en raison d'un très fort potentiel de cette plante pour l'alimentation humaine et animale et de ses multiples utilisations.

Une richesse présentée à la conférence internationale de l'Unesco sur la biodiversité

Pro-Maïs*, Association pour l'Etude et l'Amélioration du Maïs, s'est intéressée très tôt à la sauvegarde de la biodiversité du maïs. Avec ses membres semenciers et l'INRA, Pro-Maïs a réalisé un travail important d'inventaire, de collecte, de préservation, de caractérisation et de maintenance des "populations locales de maïs". Ceci a permis de compléter la connaissance de l'origine du maïs en Europe, et notamment d'émettre l'hypothèse d'une introduction à la suite des voyages de Giovanni Verazzano en 1524.

Depuis 1979, Pro-Maïs maintient, de façon ininterrompue, une collection de 1 236 populations de maïs, dont 276 populations françaises. Cette action est placée sous l'égide du Bureau des ressources génétiques (BRG). Ce réservoir de biodiversité est l'objet de nombreux programmes d'étude et de recherche entre Pro-Maïs et l'INRA. Ce matériel génétique est à la disposition des scientifiques et sélectionneurs intéressés par la création variétale de cette espèce.

Cette action collective sur la connaissance et la préservation de la biodiversité de l'espèce maïs a été présentée le 24 janvier 2005, jour de l'ouverture de la conférence internationale "Biodiversité, science et gouvernance" à l'UNESCO.

Contact Pro-Maïs : Philippe Carré
39, chemin Virebent 31200 Toulouse

 La gestion des ressources génétiques en France
 Par sa tradition agricole associée à une politique de prospection, d'acclimatation et d'amélioration des plantes, la France est riche en ressources génétiques pour toutes les espèces cultivées
sur son territoire. Ces ressources constituent un matériel original et diversifié ; elles représentent un véritable capital pour l'avenir. Depuis plusieurs dizaines d'années, la prise de conscience, en France, de l'importance de ces ressources s'est accompagnée d'une multiplication des actions destinées à les préserver et à les valoriser. Conscients de la valeur de ces actions mais aussi de leur dispersion et de leur fragilité dans le temps, les pouvoirs publics français ont choisi d'élaborer et de mettre en oeuvre une politique nationale en matière de ressources génétiques. Il en résulte une Charte Nationale issue d'un travail collectif ayant mobilisé de très nombreux partenaires en France, publics, privés et associatifs.
Le Bureau des Ressources Génétiques coordonne la gestion des ressources génétiques. Il est constitué en groupement scientifique associant 12 partenaires : six ministères et six organismes de recherche.
Il s'appuie sur l'expertise de plus de cent cinquante acteurs, gestionnaires et scientifiques.

Pour en savoir plus :
www.brg.prd.fr

 

 



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