Une prairie peut en cacher une autre

Une prairie peut en cacher une autre

juillet 2004

Même semées, les prairies sont peu cultivées. Souvent situées dans des zones moins accessibles à la mécanisation que les zones de grandes cultures, elles doivent nécessiter un minimum d'investissement et peu - ou pas - de traitements de lutte contre les maladies et contre les mauvaises herbes. La qualité des prairies repose donc beaucoup sur la façon de les utiliser et sur le choix des espèces et variétés à y semer.

Si,naturellement, on attend d'une prairie qu'elle produise suffisamment et qu'elle permette "d'encaisser" les aléas climatiques avec si possible un rendement réparti sur les saisons, d'autres attentes, toutes aussi importantes, existent.

croisement de plantes fourragères en serre
Croisements de plantes fourragères sous serre

La première attente concerne l'alimentation des animaux. Il faut leur fournir un fourrage appétent, mais aussi possédant une bonne valeur alimentaire, qualité qui reste décisive car c'est elle qui assure la production de viande de l'animal ou sa bonne production de lait.
L'agriculteur qui produit de l'herbe désire pouvoir l'exploiter et la valoriser au mieux. Les attentes seront différentes selon qu'il souhaite faire pâturer les prairies ou faire du foin, par exemple. Un port de plante bien droit permettant une coupe franche et aisée en une seule coupe -au meilleur moment- sera bien adapté au foin, alors que pour le pâturage l'éleveur préférera de l'herbe plus étalée, avec des feuilles plus longues, ne remontant pas à épis et résistante au piétinement des animaux.

L'amélioration des critères de sélection

La résistance aux maladies est un des premiers critères de sélection des plantes prairiales pour la France, géographiquement sensible aux maladies océaniques. La pérennité des prairies, leur rendement, notamment aux périodes sensibles que sont l'été et l'automne, en dépendent. Une rouille nécrose les parois du feuillage et l'herbe ne se digère plus correctement, perdant ainsi toute valeur alimentaire. La recherche de plantes à feuilles plus souples favorise cette qualité alimentaire.
En ce qui concerne la facilité d'exploitation, la multiplicité des espèces et des variétés apporte des réponses à la diversité des climats et des utilisations de l'herbe rencontrée en France.

Le poids croissant de la qualité

Les tendances lourdes privilégient l'herbe et le pâturage sur toute l'année et les sélectionneurs centrent leurs efforts à ce niveau. Mais quand on a intégré un critère en début de sélection, il ne faut pas oublier que c'est seulement après dix à quinze ans de travail que l'on en verra le résultat. Il ne s'agit pas de se tromper.
Aujourd'hui, la recherche est amenée à prendre de plus en plus en compte la qualité. Au niveau de l'inscription des variétés, les critères de qualité ne cessent de voir leur plafond relevé. Il y a même des seuils de qualité éliminatoires et de nouveaux critères apparaissent. Ainsi, l'appétence est officiellement prise en compte comme critère d'inscription depuis environ cinq ans. En fait, selon les espèces, la recherche s'oriente sur certains points particuliers qui méritent d'être améliorés. Ainsi, le ray-grass anglais a des critères fort différents de ceux de la fétuque élevée (très résistante mais avec un manque d'appétence), du ray-grass d'Italie (pousse rapide, mais qui ne tient que de six à dix-huit mois) ou du dactyle.

 



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