L'homme qui n'inventa pas la biodiversité

L'homme qui n'inventa pas la biodiversité

janvier 2003

Le grand biologiste Edward O. Wilson est à l'origine du mot biodiversité et, plus encore, de la prise de conscience de l'importance de cette notion.
Faussement modeste, il prétend aujourd'hui n'être pour rien dans
le succès de ce terme, qu'il jugeait "trop américain" et "trop clinquant"...

Professeur à Harvard, grand spécialiste des fourmis et père de la sociobiologie, Edward O. Wilson publie à l'automne 1985 un article qui connaît un retentissement mondial. Son titre : The Crisis of Biological Diversity (La crise de la diversité biologique). S'il n'y utilise pas le terme de biodiversité, il souligne en revanche les enjeux et les implications d'un appauvrissement de la diversité biologique dans le domaine animal, végétal et microbien.

Rejoignant une préoccupation partagée par un certain nombre d'autres chercheurs, l'article suscite une véritable prise de conscience. Dans la lignée de ce texte fondateur, le National Research Council (organisme dépendant de l'Académie des sciences américaine) organise à Washington, en 1986, le premier forum américain sur la diversité biologique. E.O. Wilson en est bien sûr l'invité vedette. À l'issue du colloque, les responsables du NRC suggèrent, pour l'édition des actes, d'utiliser la contraction « biodiversité », qu'ils jugent plus efficace que « diversité biologique ».

Écoutons E.O. Wilson : « J'ai résisté, je leur ai dit que cela me paraissait trop américain, trop clinquant. Ils insistèrent : le mot serait plus facile à mémoriser... J'ai cédé ! Ce fut un best-seller scientifique et le mot a fait le tour du monde » (1).

(1) Interview d'Edward O. Wilson dans La Recherche n° 333
(juillet-août 2000, numéro spécial sur la biodiversité)


Haut de page