Quand les plantes nettoient
octobre 2002
Depuis toujours, l'homme a appris à utiliser les plantes
pour se nourrir ou embellir son cadre de vie.
Il découvre aujourd'hui qu'elles peuvent aussi l'aider à
nettoyer et à restaurer un environnement dégradé.
De l'extraction des métaux lourds à l'élimination de composés polluants, les plantes savent déci-dément tout faire... Qui n'a entrevu, au détour d'un chemin, ces terrils envahis par la végétation ou ces friches industrielles disparaissant sous des herbes qualifiées bien à tort de folles ? Cette capacité des plantes à effacer les dégâts de l'homme porte un nom savant, mais significatif : la phytoréparation. Au-delà de la restau-ration esthétique, ce terme recouvre trois approches distinctes. La phyto-stabilisation concerne le confinement de la pollution par des plantes capables d'éviter une érosion des sols, facteur de diffusion. La phyto-dégradation consiste à éliminer des composés organiques présents dans certains sols à la suite d'une activité humaine. Les plantes concernées favorisent l'activité de micro-organismes dépolluants ou éliminent elles-mêmes les composés polluants. Le maïs est ainsi capable de dégrader les hydrocarbures dans sa rhizo-sphère(1). Enfin, la phyto-extraction caractérise les plantes capables d'accumuler une quantité importante de métaux lourds extraits du sol (jusqu'à 1 % de leur poids de matière sèche). Il suffit alors de cultiver l'une de ces 400 plantes "hyper-accumulatrices", de l'incinérer et de collecter les cendres. Dans l'Île aux Corbeaux, au Québec, des algues extraient ainsi le zinc et le manganèse d'un ancien site d'enfouissement de batteries.
(1) Partie du sol pénétrée par les racines d'une plante.
