Le maïs dans tous ses états

Le maïs dans tous ses états

juillet 2001

Sur les 3,2 millions d'hectares de maïs cultivés en France -toutes variétés confondues-, seuls 20 000 se retrouvent dans nos assiettes sous la forme de petits grains jaunes savoureux et croquants : c'est le maïs doux. Mais comment sont utilisés les 99,4 % restant ?

produits du maisGrâce à sa richesse énergétique, le maïs est largement utilisé pour l'alimentation animale. En épi, en grain sec ou après broyage et ensilage, il constitue la base des rations distribuées au bétail et à la volaille d'élevage. Cette forme de production représente à elle seule plus de 40 % de la surface cultivée. Mais l'originalité de cette céréale réside dans l'exploitation séparée de chacun des éléments constitutifs de la plante. Ainsi, avec une teneur de 60 % en amidon, le grain trouve naturellement d'importants débouchés dans le secteur de l'amidonnerie. Après transformation, il sert de composant de base à l'industrie alimentaire (brasserie, confiserie, pâtisserie, charcuterie...). Soumis à d'autres traitements, il apparaît aussi dans les produits pharmaceutiques, les colles, les savons et les textiles artificiels. Après mouture, le grain sert également à la fabrication de semoules, de corn flakes ou de tourteaux. Comme d'autres plantes, on le retrouve parfois, après distillation, dans des boissons alcoolisées (bourbon). De son côté, la tige riche en cellulose sert à la fabrication de la pâte à papier. Bref, dans le maïs tout est bon !


QUESTION D'EQUILIBRE
À la tête de l'Association Générale des Producteurs de Maïs, Christophe Terrain est bien placé pour se pencher sur l'avenir de la filière.

Qu'attendez-vous des semenciers ?
Avec des avancées comme l'hybridation, les progrès des semences ont déjà beaucoup apporté à la précocité et au rendement du maïs. Ils ont aussi permis d'atténuer les défauts de la plante, par exemple sur la tenue des tiges. Aujourd'hui, nos attentes se situent dans cette continuité, avec, en plus, le souhait de renforcer encore la qualité et d'accompagner la segmentation du marché.

Comment va évoluer la filière ?
Il existe une vive compétition entre les céréales, qui fait du coût un enjeu important. Or le maïs a l'inconvénient du séchage. L'AGPM est donc attentive au respect de l'équilibre entre les espèces, notamment dans la réglementation européenne. Il ne faudrait pas tomber dans la caricature d'une Europe dévolue aux céréales et des États-Unis dédiés au maïs et au soja. Il nous faut aussi relever le défi environnemental, par exemple le problème de la consommation d'eau. Enfin, il faut lutter contre les clichés qui entourent le maïs, en développant des pratiques culturales raisonnées et en renforçant la communication.

Comment y parvenir ?
D'abord et avant tout par un minimum de visibilité à moyen terme. Il faut laisser le temps à la filière de s'adapter. Nous souhaitons aussi le respect de la différence entre maïs sec et irrigué, et une reconnaissance de la spécificité maïs, notamment dans les zones où il n'y a pas de substitution possible. Il ne faut pas oublier qu'en dehors de la zone forestière des Landes, les exploitations sont généralement modestes, avec souvent une petite activité complémentaire d'élevage.





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