Oléagineux et protéagineux : des plantes d'avenir
avril 2001
On ne les voit guère sur les étals des marchés ou dans le panier de la ménagère, mais on ne saurait pourtant s'en passer. Oléagineux et protéagineux jouent en effet un rôle essentiel dans l'équilibre nutritionnel et l'alimentation animale.
Les oléagineux regroupent les plantes riches en lipides -soja, colza, tournesol, arachide...- dont on extrait les huiles végétales, tandis que les coproduits de leur trituration servent à l'alimentation du bétail. Les protéagineux -le pois, le lupin ou la féverole- sont riches en protéines et en amidon, ce qui en fait des produits naturels bien adaptés à l'alimentation animale, sous forme de tourteaux. La filière a su promouvoir aussi d'autres utilisations, comme le diester (biodiesel), produit à partir du colza ou du tournesol. Plus de 4 000 véhicules, utilitaires pour l'essentiel, ont déjà parcouru 200 millions de kilomètres avec ce carburant écologique. La France est le premier producteur européen de colza (4,4 millions de tonnes) et de tournesol (1,93), et le second pour le soja (0,26), derrière l'Italie.
Mais l'Union reste très dépendante, avec un déficit égal à 69 % de la consommation pour les protéines végétales. Les semenciers travaillent aussi à la sélection de variétés adaptées à des usages spécifiques. Ainsi trouvera-t-on demain du colza pour les produits cosmétiques et du tournesol... pour les peintures.
| PROTEINES VEGETALES : UN ENJEU MAJEUR |
|---|
| Xavier Beulin, Président de la Fédération française des producteurs d'oléagineux et protéagineux (FOP), fait le point sur une filière à la Une de l'actualité. Qu'attendez-vous des semenciers ? Nous sommes une filière jeune, avec guère plus de 25 ans de recul en matière de recherche et d'évolution variétale, mais nous sommes très demandeurs. La mise sur pied d'un soutien complémentaire et spécifique à la recherche sur les semences de protéagineux constitue une première. Pour les oléagineux, nos attentes concernent la productivité des plantes et la qualité intrinsèque des graines, avec des variétés adaptées à des utilisations ciblées. Comment jugez-vous la réforme des aides communautaires ? Elle tombe à contretemps, alors qu'il faut trouver d'urgence des substituts naturels aux farines animales. Nous demandons un véritable encouragement à la production, grâce à un soutien différentiel renforcé. C'est cela ou la dépendance complète vis-à-vis des États-Unis, avec les conséquences que l'on sait. Aussi faisons-nous plusieurs propositions. D'abord, la restauration d'un «filet de sécurité» pour des produits basés sur un cours mondial fixé en dollars. Ensuite, la transformation de l'aide à la culture de tournesol en une «mesure rotationnelle», prenant en compte l'assolement sur l'exploitation. Enfin, une relance des utilisations non alimentaires, à travers le diester. Êtes-vous prêt à faire face ? Les agriculteurs sont prêts à répondre à la demande pour l'alimentation animale, à condition d'autoriser la mise en culture de 700 000 à 800 000 hectares supplémentaires en France et d'environ 2,5 millions dans l'Union. L'Europe doit réagir vite. La sécurité alimentaire est désormais un enjeu communautaire majeur... |
