Plantes et médicaments

Plantes et médicaments

avril 2003

Depuis l'aube des temps, les hommes se soignent avec les plantes. Mais, de la cueillette au laboratoire, les méthodes ont profondément évolué. Déterminer le principe actif, l'isoler, le synthétiser : les médicaments sont aujourd'hui le fruit d'une recherche longue et coûteuse.

Les vertus thérapeutiques des plantes sont connues depuis la préhistoire. Les hommes apprirent souvent à leurs dépens à distinguer les végétaux toxiques des bénéfiques. Puis ces plantes médicinales, appelées simples, furent séchées et préparées en infusion. Ces méthodes perdurent, quoique marginales, et la phytothérapie, ou soin des maladies par les plantes, est aujourd'hui une discipline à part entière. Même dans la pharmacopée classique, les plantes restent au coeur des médicaments. Ou, du moins, leurs principes actifs, ces molécules aptes à corriger déséquilibres ou dysfonctionnements dans l'organisme. La plante n'en possède souvent qu'un : par exemple, la digitaline pour la digitale, la morphine pour l'opium ; ou encore le taxotère pour loeif, une molécule active dans le traitement du cancer, découverte récemment. Près de 50 % des produits thérapeutiques commercialisés ont une origine naturelle. Les plantes n'ont d'ailleurs pas fini de nous étonner : sur les 250 000 à 300 000 espèces recensées, on suppose qu'environ 35 000 possèdent des propriétés médicinales. Or, jusqu'à présent, seulement 5 000 ont été étudiées !

On a donc appris, depuis le XXe siècle, à isoler ces principes actifs, à les extraire et à les transformer. Une nouvelle étape a été franchie depuis que l'on sait modifier un végétal par génie génétique, afin qu'il produise le principe actif désiré à grande échelle et en toute sécurité sanitaire. La création de médicaments nécessite néanmoins la mise en oeuvre de procédés complexes, longs et coûteux : il faut définir la molécule susceptible d'agir, puis la trouver. Si elle existe déjà, par exemple dans une plante, elle doit être purifiée afin d'éliminer toute trace des autres composants. Commence alors une nouvelle aventure : celle du médicament proprement dit.

 Le chemin est long, de la molécule "active" au médicament : avant qu"il puisse être mis sur le marché, dix à douze années peuvent s"écouler. La première étape est l"étude des effets de la nouvelle molécule sur des cultures cellulaires. Puis, afin d"évaluer sa toxicité et son efficacité, des tests sur animaux sont mis en place. Parallèlement, la forme galénique (sirop, spray, pilule...) est définie. Le médicament est ensuite essayé sur des volontaires sains, avant d"être proposé à des patients informés et sélectionnés. Sur 100 000 substances de départ, 5 seulement deviennent des médicaments !



 PHYTOTHERAPIE
 Qui s'occupe de faire pousser les plantes à la base des médicaments de demain ? Les semenciers...

Ainsi, la société Meristem® élabore des protéines recombinantes (1) thérapeutiques végétales pour l'industrie pharmaceutique. Par exemple, des molécules destinées à soigner les malades atteints de mucoviscidose, produites par des plantes hôtes. Pour cultiver ces dernières (la plupart du temps du maïs ou du tabac), elle fait appel à l'expérience et au savoir-faire du semencier Limagrain. Le groupe fait bénéficier Meristem® de ses techniques brevetées, comme ses semences mâles stériles afin d'éviter toute dissémination incontrôlée du pollen, ou encore ses banques de gènes.

Utiliser des végétaux pour créer des protéines recombinantes thérapeutiques présente de multiples avantages. Notamment, une sécurité hygiénique parfaite, puisqu'aucun agent pathogène végétal ne peut infester l'homme. En outre, les infrastructures agricoles existantes permettent de produire les principes actifs très rapidement et à des coûts relativement faibles.

(Source : Meristem®)

(1) C'est-à-dire issues d'un gène modifié.





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