Riz : le défi des nouvelles variétés
juillet 2002
Avec le blé et le maïs, le riz est l'une des trois céréales les plus cultivées au monde.
À raison de 585 millions de tonnes de paddy (grain non décortiqué) récoltés par an, il constitue la base alimentaire de plus de la moitié de l'humanité. Les 390 millions de tonnes de riz blanchi représentent près de 50 % de la ration en calories de plus de 3 milliards d'asiatiques et un tiers pour une grande partie de l'Afrique et de l'Amérique latine. Mais face à la croissance démographique et aux futurs besoins de la planète, la production rizicole devra, selon les experts, augmenter d'environ 30 % en vingt ans.
Le développement de la culture intensive dans les pays du Sud a d'ores et déjà démontré ses limites (problèmes d'érosion des sols, de pollution des eaux, d'appauvrissement des terres, raréfaction des terres cultivables, concurrence des besoins industriels et domestiques sur la ressource en eau) et les rendements plafonnent après les gains de productivité réalisés.
Il faut donc s'orienter vers d'autres solutions. La riziculture pluviale constitue une alternative aux systèmes irrigués, plus gourmands en eau et nécessitant des aménagements coûteux.Cette technique, où la plante se satisfait des précipitations naturelles, domine déjà en Afrique et en Amérique latine,
mais elle concerne seulement 13 % des surfaces cultivées mondiales.
Les agronomes du Cirad (1) travaillent actuellement sur son extension. D'autres pratiques retiennent également l'attention, notamment le semis direct sur couverture végétale permanente, expérimenté dans plusieurs régions. Le riz est cultivé en rotation avec d'autres cultures, ce qui économise le travail du sol et le protège contre l'érosion. Associé à de nouvelles variétés de riz pluvial, ce système permet d'augmenter la production de manière significative. En ayant recours aux méthodes classiques de sélection et aux ressources génétiques (échantillons de variétés et formes de riz sauvages avoisinant les 100 000 génotypes), les chercheurs travaillent aussi sur la résistance aux maladies (la plus dévastatrice étant la pyriculariose). À l'heure où le génome du riz devrait être entièrement décrypté en 2002-2003, leurs études portent également sur les gènes d'intérêt agronomique et leur transfert, par croisement. Enfin, des programmes visent la création de variétés de riz génétiquement modifiées moins sensibles aux insectes, mieux adaptées à certaines conditions locales (sécheresse, salinité) ou encore présentant une meilleure valeur alimentaire (teneur en protéines).
(1) Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
Pour en savoir plus :
www.cirad.fr
