Des quinze aux vingt cinq
avril 2003
L'ouverture de l'Union européenne aux anciens pays de l'Est est souvent perçue comme un risque pour les agricultures occidentales. Elle offre pourtant de réelles opportunités de développement réciproque. À condition de respecter les règles...
Le 1er mai 2004 -au terme de dix années de négociations-, l'Union européenne comptera 25 États membres et 450 millions d'habitants. Deux autres pays (Roumanie et Bulgarie) et 30 millions d'habitants supplémen- taires la rejoindront en 2007.
Le défi est de taille : les dix entrants ne représentent en effet que 8,8 % du PIB des Quinze, avec un niveau de vie nettement inférieur à celui de l'actuelle Union. Autre conséquence de l'élargissement : le nombre d'agriculteurs devrait plus que doubler
-dans un premier temps-, passant de 7 millions à plus de 15. Dans les PECO (pays d'Europe centrale et orientale), le secteur agricole représente ainsi 2 à 7 % du PIB.
Un tel bouleversement aura nécessairement des conséquences. Certaines peuvent se révéler très positives, comme l'ouverture de nouveaux débouchés, avec l'élévation du niveau de vie des PECO. La modernisation indispensable de leur agriculture devrait également favoriser l'amélioration variétale et le recours à des semences certifiées.
Actuellement, l'industrie semencière des PECO reste assez peu développée, à l'exception de quelques points forts comme la production de semences de maïs en Hongrie.
L'accord de Bruxelles, signé le 25 octobre 2002, prévoit que l'élargissement ne doit pas se faire au détriment de l'agriculture. Il fixe aussi le budget des aides directes jusqu'en 2013.
En contrepartie de l'apport des fonds structurels européens, -dans des conditions améliorées par rapport aux Quinze-, les nouveaux membres s'engagent, à l'issue d'une période transitoire, à appliquer la totalité de la réglementation communautaire.
Des conditions et de la réussite de cette intégration dépend, pour une bonne part, l'avenir de l'agriculture européenne...
