A l'origine des biocarburants :
les semences
mars 2006
L'un des grands défis de l'agriculture française aujourd'hui est de pourvoir aux biocarburants de demain.
Il y en a deux sortes :
- le bioéthanol est un alcool fabriqué à partir de la fermentation du sucre de plantes comme la betterave ou de l'amidon de maïs, blé ou pomme de terre. Le bioéthanol peut être incorporé dans l'essence à des taux variables ou être utilisé pur, ce qui nécessite des moteurs adaptés.
- le biodiesel est un carburant fabriqué à partir d'huiles végétales. En France les plantes oléagineuses sont essentiellement le colza et le tournesol.
Le biodiesel peut être utilisé pur ou en mélange.
Les biocarburants ont deux grands avantages : ils sont issus de ressources renouvelables, les plantes, par opposition au pétrole, non renouvelable, et
ils ont une incidence moindre sur l'effet de serre. Le bilan de CO2 par les biocarburants lors de leur combustion est en effet inférieur à celui des carburants d'origine fossile : la quantité de CO2 émis est compensée par
la quantité absorbée lors de la photosynthèse des plantes.
Enfin, le bilan énergétique des biocarburants est très bon, notamment à partir de tournesol, faible consommateur de fertilisants, de pesticides, et d'eau : 1 calorie serait consommée pour 7 produites.

Sélection de tournesol riche en acide oléique
Les semences à l'origine des cultures destinées aux biocarburants sont mises au point et distribuées par la filière semences. La recherche et la sélection y jouent un rôle clé.
Pour le bioéthanol et le biodiesel, le rendement est aujourd'hui l'une des principales caractéristiques recherchées : produire le plus possible aux moindres coûts afin que les biocarburants soient économiquement accessibles aux consommateurs. Pour cela, les sélectionneurs créent, entre autres, des variétés résistantes aux maladies, ce qui permet de limiter l'utilisation de pesticides et donc le prix de revient.
En ce qui concerne le biodiesel, la teneur en huile, mais aussi la composition en acides gras, sont améliorées par les sélectionneurs. Ils s'attèlent à créer des variétés de colza et de tournesol à huiles riches en acide oléique, qui présentent des indices d'iode et de cétane améliorant le rendement moteur, et à faible teneur en acide alpha-linolénique, acide gras qui résiste mal à de hautes températures.
