Jachères fleuries : le Loir-et-Cher s'engage
juillet 2006
Etendues semées de fleurs champêtres, le long des routes ou des chemins de fer, à proximité des communes et des lieux touristiques, les jachères fleuries ont le double intérêt de valoriser le travail de l'agriculteur et de préserver la biodiversité en servant de refuge aux insectes, oiseaux et petits animaux.
En Loir-et-Cher, des agriculteurs précurseurs en la matière se sont associés
à la Fédération départementale des chasseurs, soucieuse de développer des zones refuges pour le petit gibier sur une période suffisamment longue dans l'année. Un semencier a expérimenté pendant cinq ans des mélanges de plantes pour déterminer les meilleurs, fleurissant de juin à octobre, résistant à la sécheresse et germant rapidement, et à des prix abordables. Quelques espèces ont ainsi été retenues, parmi lesquelles les centaurées, de la famille du bleuet, les soucis, les cosmos ou les zinnias. Elles sont toutes issues de la sélection du semencier, améliorées pour la grosseur de leur fleur, la diversité de leurs coloris ou la durée de floraison, par exemple.
Les jachères fleuries sont source de nectar et de pollen pour les abeilles notamment, elles permettent ainsi de pallier au manque de nourriture pour les butineurs qui peut se faire ressentir à certaines périodes. Cette disette temporaire serait l'une des causes des problèmes rencontrés par les apiculteurs.
La présence d'insectes attire la petite faune : gibier mais aussi oiseaux. Si la jachère contient plusieurs espèces reconnues pour la qualité de leur pollen (trèfle blanc, sarrasin, bleuet...), elle pourra être qualifiée "à intérêt apicole".
Dans tout le département du Loir-et-Cher, la bonne idée s'est répandue et
il est question de développer les jachères fleuries ou apicoles, avec le soutien financier du Conseil Général et Régional. De nombreux départements suivent et d'autres initiatives voient le jour.
Autour de quelques communes environnant Lyon (Feyzin, Vénissieux), des céréaliers ont semé des jachères fleuries pour renouer le dialogue avec les citadins, après avoir eu l'idée de créer des lieux de promenade en aménageant les chemins bordant leurs champs. Ils sont financés par la communauté urbaine du Grand Lyon, le département du Rhône et les communes concernées, désireuses de pérenniser l'espace rural et de faire connaître aux habitants la richesse du milieu naturel à deux pas de chez eux.
Aujourd'hui, près de 2 000 hectares sont semés en jachère fleurie ou apicole, et la tendance serait à la hausse. Cette démarche permet d'intégrer l'aménagement du territoire, l'entretien de l'espace rural et la préservation de la biodiversité.
