Oléique et classique : les tournesols cohabitent

Oléique et classique : les tournesols cohabitent

juillet 2003

Depuis quelques années, les variétés de tournesol riches en acide oléique ont le vent en poupe, en raison de leurs qualités nutritionnelles, équivalentes à celles de l'huile d'olive. Leur culture est assez similaire à celle des autres variétés, mais gare aux mélanges !

Un croisement avec le tournesol classique peut être responsable d'une teneur en acide oléique insuffisante à la récolte, susceptible de remettre en cause la commande passée à l'agriculteur.

En moyenne, un tournesol classique contient seulement 20 % d'acide oléique, contre 75 % à 90 % -le marché fixe la norme à 80 % au moins- pour les variétés dites oléiques. Cet acide gras mono-insaturé est reconnu pour son rôle de réduction du cholestérol : une valeur ajoutée qui explique l'engouement du marché pour ces nouvelles variétés.
Celles-ci se développent dans le cadre d'une organisation contractualisée de toute la filière, du cultivateur à l'industriel. La qualité du produit final résulte de la rigueur de plusieurs acteurs : le semencier, qui fournit une variété à haute teneur en acide oléique, l'agriculteur, en charge de la production, et l'organisme collecteur. Chacun d'eux doit respecter des règles draconiennes. Une fois le choix de la bonne variété de tournesol oléique effectué, encore faut-il réussir sa production.

    

 

    


Première contrainte : pendant la floraison, limiter les risques de pollution par du pollen de tournesol classique. Pour cela, il faut respecter un isolement de 200 mètres entre les parcelles des deux types de tournesol. En deuxième lieu, et surtout dans le cas d'une rotation courte de ces deux cultures sur un même terrain, l'agriculteur doit se livrer à une véritable chasse aux repousses de la variété classique.

    


Enfin, il devra bien nettoyer son semoir. Mais la rigueur est tout aussi importante au moment de la récolte, de manière à éviter tout mélange de graines. Les nettoyages minutieux de la moissonneuse-batteuse et des remorques de transport sont indispensables lors du passage de l'une à l'autre variété. À la livraison, une analyse rapide par réflectométrie permettra de trier efficacement les lots de tournesol classique et oléique. D'un bout à l'autre de la chaîne, la production de plusieurs variétés de tournesol impose donc une vigilance permanente et de nombreux contrôles. Un bel exemple à méditer en matière de coexistence de différentes cultures, dans le contexte du débat actuel sur les filières de production agricoles conventionnelles ou génétiquement modifiées.


    
    

Bien alignés


Originaire d'Amérique du Nord, le tournesol est importé par les Espagnols en Europe au XVIe siècle. Son huile fait son entrée dans l'alimentation humaine au XIXe siècle, en particulier en Russie. Les chercheurs de ce pays parviennent à faire passer la teneur en huile de la graine de 25 à 40 % en quelques décennies. Le travail de sélection permet également à la plante de s'adapter à nos conditions de sols et de climat. Depuis les années soixante, elle a conquis de nombreux territoires, dont ceux d'Europe de l'Ouest. En France, les principales régions de production sont le Sud-Ouest, le Poitou-Charentes, le Centre et les Pays-de-la-Loire. Semé en avril, le tournesol est récolté à partir de septembre. Et s'il ne tourne pas, il s'aligne ! Car ses fleurs s'orientent spontanément vers les premiers rayons du soleil, direction est-sud-est.



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