L'ail de Lautrec
novembre 2003
L'ail de Lautrec se différencie de l'ail classique par la couleur rose, plus ou moins soutenue, de l'enveloppe de ses gousses. Il est cultivé dans la région de Lautrec, dans le Tarn. Ail dit "à bâton", cette liliacée est pourvue d'une hampe florale.
L'ail de Lautrec se différencie de l'ail classique par la couleur rose, plus ou moins soutenue, de l'enveloppe de ses gousses. Il est cultivé dans la région de Lautrec, dans le Tarn. Ail dit "à bâton", cette liliacée est pourvue d'une hampe florale.
L'ail de Lautrec a obtenu le Label Rouge en 1966, puis, en 1996, un label européen : l'indication géographique protégée (IGP). Il bénéficie d'une forte commercialisation. En 2002-2003, pas moins de 718 tonnes -Label Rouge- approvisionnèrent les marchés, fournies par près de 185 producteurs
(sur 380 agriculteurs au total) membres du syndicat de défense du Label Rouge Ail Rose de Lautrec.
La surface d'ail rose de Lautrec labellisable atteint 290 ha, situés sur les coteaux argilo-calcaires du Tarn.
En plus de la population Rose de Lautrec, deux nouvelles variétés sont apparues en 1994 : Ibérose et Goulurose, suivies plus récemment de Edenrose et Jardirose.
Les producteurs appliquent un cahier des charges très précis, où sont stipulés tous les points à respecter, depuis la préparation des plants jusqu'au conditionnement du produit final.
Ces aulx sont égrenés et les agriculteurs plantent les caïeux entre le 1er décembre et le 31 janvier. L'ail se multiplie de façon végétative, à partir de ces derniers. En effet, les graines issues de la hampe florale sont stériles. Signe particulier : cette hampe doit être coupée pour que les bulbes atteignent la taille souhaitée. L'opération est joliment nommée "despoulinage". Le morceau de hampe restant, une fois sec, devient raide, tel un bâton.
Ail sous serre
L'ail de Lautrec est récolté fin juin, selon la méthode traditionnelle, ou encore équeuté. Classiquement, il est coupé avec feuilles, puis pendu pendant deux semaines, sur des barres, dans des séchoirs. Suivant la seconde méthode, il est récolté sans ses feuilles, puis séché -deux semaines aussi- dans des pallox ou des silos, pourvus d'une ventilation dynamique. Ensuite, l'ail rose est déraciné, puis pelé. Les enveloppes du bulbe et les racines sont ôtées ; seule subsiste la dernière peau. Pour le conditionnement en filets, plusieurs enveloppes sont laissées autour des gousses. Dernières opérations : le calibrage et le conditionnement dans des emballages numérotés, pour assurer leur traçabilité.
Au commencement
L'ail apparaît il y a plus de 5 000 ans en Asie centrale. Christophe Colomb l'aurait importé en République Dominicaine, d'où il gagne l'Amérique. Selon la légende, l'ail rose entame sa carrière française dans la région de Lautrec, au Moyen Âge, un commerçant ambulant ayant payé son repas avec des gousses, plantées ensuite par l'aubergiste. Au XIXe siècle, l'ail pousse dans des potagers de 5 à 10 ares et ses grappes trouvent preneurs sur les marchés de Castres, Mazamet ou Albi. La culture de l'ail de Lautrec se développe après la Seconde Guerre mondiale et, vers la fin des années 50, de jeunes agriculteurs accroissent sa production. Ils créent en 1959 le Syndicat de Défense du Label d'Ail Rose de Lautrec. Depuis 1976, l'ail rose est fêté chaque premier vendredi -un jour de marché- d'août, à Lautrec. Cet été, l'événement a attiré entre 8 000 et 10 000 visiteurs.
Pour en savoir plus :
http://site.voila.fr/ailrose.lautrec
