La Camargue : région rizicole
juin 2005
La Camargue est la seule région française où se cultive le riz. C'est la riziculture et son système d'irrigation qui lui donnent son paysage si particulier.

Le riz (Oriza sativa), une céréale précieuse en Camargue
C’est à Henri IV que l'on doit la culture de riz en Camargue dès la fin du XVIe siècle, où il ordonna sa production, ainsi que celle de la canne à sucre et de la garance. Mais il faut attendre l'endiguement du Rhône, qui a permis l'apport d'eau douce à la fin du XIXe, puis le plan Marshall, qui a financé d'importantes infrastructures hydrauliques, pour voir apparaître une riziculture intensive.
L'eau est pompée dans le Rhône puis envoyée dans de grands canaux, vers quelques propriétés qui partagent les frais d'entretien. Elle est ensuite distribuée par d'innombrables petits canaux - les "porteaux" - aux rizières. Sans ce vaste réseau d'eau dédié à la riziculture, qui profite aussi aux étangs et aux marais, la Camargue ne serait pas ce qu'elle est, mais une sorte de désert salé, sans toute cette faune et flore typiques. En effet, maintenir des parcelles inondées plusieurs mois par an permet d'éviter les remontées de sel.
Les riziculteurs camarguais doivent s'adapter aux contraintes climatiques
de leur région et éviter les froids du printemps pour les semis et les froids d'automne pour la récolte. Le riz se sème en avril-mai et se récolte en septembre-octobre. Pendant toute cette période, les parcelles sont inondées périodiquement sous cinq à dix cm d'eau.
La Camargue offre à la riziculture un terroir et un climat très particuliers.
Le mistral, par exemple, protège le riz des maladies, souvent présentes
dans d'autres pays, grâce à son effet séchant.
Avec ses 200 à 250 riziculteurs, la Camargue cultive autour de 20 000 hectares et produit plus de 100 000 tonnes de riz paddy (voir encadré),
soit près de 5% de la production de l'UE (voir graphique).
Les semences françaises de riz proviennent de Sud Céréales, grand groupe coopératif de la région, et elles sont sélectionnées en partenariat avec le CIRAD(1) et le Centre français du riz.
Les nouvelles variétés répondent plus que jamais aux demandes du marché, en permanente évolution. La Camargue cultivait presque uniquement des riz de type japonica, aux grains plutôt ronds et courts, adaptés aux régions tempérées. Désormais, grâce à la recherche qui a sélectionné des variétés tolérantes au froid, elle produit aussi des variétés de type indica, aux grains longs et fins, du riz parfumé, du riz rouge, du riz sauvage, ou du riz pour l'alimentation des bébés.
Le riz camarguais bénéficie aujourd'hui d'une IGP, Indication Géographique Protégée, signe de qualité européen.
(1) CIRAD : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.
Le riz sous toutes ses formes
Riz paddy :
Riz à l'état brut, issu de la récolte. Ses grains sont encore entourés de leurs enveloppes.
Riz cargo, appelé aussi "brun", "décortiqué" ou "complet" :
Riz décortiqué. Les grains sont débarrassés de leurs enveloppes.
De couleur beige, il est très long à cuire.
Riz blanc ou blanchi ou mat :
Le germe et la dernière enveloppe sont éliminés.
Riz poli :
Riz blanc, débarrassé des farines qui subsistent après élimination des enveloppes.
Riz glacé :
Riz poli, enrobé d'une fine couche de talc.
Riz précuit :
Riz poli, trempé, bouilli, puis desséché.
Riz rouge :
Variété de riz naturellement rouge à l'état complet.
Riz sauvage :
Vient d'une autre graminée appelée zizanie aquatique.
