Le responsable qualité
juillet 2002
Philippe Boeda est responsable Qualité et Développement chez Valfrance (Senlis, 60). Cette fonction a deux objectifs principaux : contribuer à la construction d’une offre adaptée aux attentes du marché ; faire reconnaître la valeur ajoutée apportée à ses clients par la coopérative et ses adhérents.
Valfrance est une coopérative céréalière et semencière. Cette PME de 104 salariés permanents -répartis sur 18 sites- collecte 450 000 tonnes de céréales et d'oléoprotéagineux (dont 300 000 tonnes de blé) auprès de ses 850 adhérents installés dans le sud de l'Oise et le nord de la Seine-et-Marne. Elle réalise un chiffre d'affaires de 84 millions d'euros. Dans le secteur des semences, Valfrance assure la multiplication de variétés autogames dans son bassin de collecte (blé, pois, colza) et la production de semences certifiées.
Pour cette entreprise, la démarche qualité est une préoccupation ancienne. Son activité production de semences a obtenu la certification ISO 9002 début 1996. Un an plus tard, Valfrance bénéficiait de la certification Agri Confiance pour la production agricole de blé, d'orge brassicole, d'oléoprotéagineux et de maïs. En 1998, la certification ISO 9002 était étendue à l'ensemble des sites industriels. "Nous envisageons la qualité d'une manière globale", explique Philippe Boeda. "Notre stratégie consiste à rechercher une synergie forte entre les différentes activités de la coopérative : production, stockage et commercialisation. Dans le domaine des semences, nos cahiers des charges internes vont même au-delà des normes imposées par la certification. Quand un agriculteur achète des semences certifiées, il est en droit d'exiger un service qui le satisfasse pleinement". Mais en plus de l'aspect technique lié au strict respect d'un cahier des charges, et de la maîtrise des engagements de la coopérative vis-à-vis de ses clients, la qualité correspond à un état d'esprit : "C'est véritablement une démarche de management du changement. Il faut être à l'écoute des exigences des clients (meuniers, malteurs, amidonniers...) et tenir compte des besoins des autres parties prenantes (agriculteurs, salariés, pouvoirs publics...), pour adapter notre offre aux évolutions du marché, sans surexploiter les moyens de l'entreprise". Un travail qui nécessite un investissement personnel important, une bonne connaissance des différents métiers de la coopérative, de solides capacités pédagogiques et une certaine dose d'anticipation : "Le but du développement est de préparer l'entreprise à répondre aux attentes émergentes des marchés. Parmi ces préoccupations nouvelles, il y a une meilleure prise en compte de l'environnement et, plus largement, une gestion des risques systématique de l'ensemble des activités". Ces thèmes font d'ailleurs partie des futurs axes de développement de la coopérative.
