La continuité, fil rouge du métier de conservateur
janvier 2003
Garant de la stabilité variétale, le conservateur veille sur le contrôle de la filiation des semences de base.
La sélection conservatrice s'est enrichie de techniques de cartographie génétique, mais, au champ,
le contrôle visuel de la pureté variétale a gardé toute sa place.

Sélection de lin textile
"Conserver intactes les performances standard d'une variété, voilà la mission du conservateur", explique Laurent Thiberville (Benoist Semences).
Il doit garantir l'homogénéité des semences d'origine. Il s'assure que le patrimoine génétique reste stable tout au long des années de multiplication nécessaires à la production des semences commercialisables (six ou sept ans).
Tous les ans, des identifications sont réalisées pour vérifier la conformité au standard d'origine. La méthode de vérification a peu changé. Pour les céréales, elle se fait encore de visu et grâce à la description morphologique détaillée de l'épi. Mais depuis 15 ans, l'électrophorèse (comptage chromosomique sur la plante) des protéines de réserve permet aussi de contrôler la carte d'identité génétique de la variété.
"La cadence de création de nouvelles variétés s'accélère. Elle nous pousse à réduire le temps de sélection, par exemple en privilégiant une homogénéisation plus rapide. à l'avenir, une sélection assistée par marquage devrait être possible, même pour le blé".
Dès le départ d'une variété, le contact entre sélectionneur créateur et conservateur est important. Il le reste de la première génération de multiplication jusqu'au stade d'homologation. Traçabilité, stabilité et transmission sont les maîtres mots pour Laurent Thiberville. Lorsqu'il a commencé sa formation, il y a 25 ans, il n'existait pas de filière spécifique menant à ce métier. Depuis, un BTS a été créé, mais le savoir-faire se transmet toujours par la pratique, d'homme à homme. Une affaire de mémoire !
