Tête chercheuse
novembre 2003
Chercheuse à l'INRA, Françoise Budar s'enthousiasme pour
l'évolution des génomes des plantes, cultivées ou sauvages.
Après une formation d'ingénieur agronome, spécialisation génétique fonctionnelle, Françoise Budar, 43 ans, passe un concours d'attachée scientifique contractuelle à l'INRA. Elle y entre comme doctorante.
Détachée au laboratoire du professeur Van Montagu à Bruxelles,
elle passe sa thèse sur la transformation des plantes par agrobactérium tumefaciens (1). Puis, Françoise Budar est recrutée par l'INRA de Versailles, pour effectuer des recherches sur les protéines de réserve (2) du grain de blé.
Depuis 1987, elle étudie comment le cytoplasme (3) induit la stérilité mâle, chez le chou et le colza -pour créer de nouvelles variétés-.
Cette stérilité, décrite chez le radis, est transférée par des chercheurs de l'INRA -Hubert Bannerot et Georges Pelletier ont entamé ces travaux dans les années 70- sur les deux crucifères. "Nous empêchons la plante mère de fabriquer du pollen, celle-ci n'est donc plus hermaphrodite, mais seulement femelle. Incapable de s'autoféconder, elle sera fécondée naturellement par le pollen d'autres plantes. Ainsi, des hybrides verront le jour", explique cette passionnée. Françoise Budar devient directrice de recherche en 2000, ce qui ne change nullement les orientations de ses quêtes. "Cela m'intéresse au plus haut point. Car, à partir d'une recherche appliquée, nous posons des questions fondamentales, non seulement sur les relations entre génomes, mais aussi sur la reproduction sexuée des plantes et leur évolution".
(1) Bactérie du sol.
(2) Ces protéines servent de réserve à la graine, au moment de sa germination.
(3) Contenu de la cellule, noyau exclu.
