Travail nocture durant le sommeil des abeilles

Travail nocture durant le sommeil des abeilles

avril 2004

Yvette Thomas cultive avec son mari, depuis 1989, 100 hectares dans le marais de Royan, dont 42 consacrés à la multiplication de semences. On ne multiplie pas sans précaution, car le marché exige pureté spécifique et variétale.


Mme Thomas : « Les abeilles sont nos alliées »

"Nous passons un contrat avec l'établissement producteur de semences, explique l'ancienne chercheuse, selon un cahier des charges très rigoureux. Que ce soit pour la luzerne, le blé tendre ou l'orge de printemps, nous sommes tenus d'isoler les champs ensemencés : pas question de risquer une pollinisation croisée par une autre variété ! Nous "détourons" nos champs par une bordure de protection non récoltée ou nous les séparons à une distance suffisante pour préserver la pureté de la variété."

Même attachement à la rigueur quand il s'agit des insectes et des parasites. Avec, en plus, un souci aigu de la protection de l'environnement dans une région, proche du bassin ostréicole de Marennes-Oléron, où cette exigence est primordiale : "Nous disposons, explique Yvette Thomas, de produits homologués aussi bien pour la luzerne que pour les céréales. Mais leur utilisation impose une observation fine.

Qu'il s'agisse de la mauvaise herbe, qu'au besoin il faudra arracher à la main, ou de la protection des abeilles, en particulier. Ce sont nos alliées ! Ainsi ces petites abeilles sauvages qui viennent, comme on dit, "déclencher la fleur". Nous observons avec attention les vols d'insectes pour décider de l'emploi au bon moment, et à la bonne dose, du bon insecticide.

Toujours pour protéger l'abeille -sauvage ou bien domestique-, par exemple, lors de la canicule de l'été dernier, nous n'avons pas traité en pleine chaleur mais la nuit, une fois les abeilles rentrées à la ruche. à cette fin, on recourt au GPS (positionnement par satellite) pour guider le tracteur, car les phares sont insuffisants pour voir les jalons la nuit, surtout dans les grandes parcelles ; on suit donc, sur l'écran embarqué, une "barre de guidage" qui permet une précision inférieure à 50 cm.

Ainsi, non seulement on protège les abeilles en évitant qu'elles viennent boire les gouttelettes pulvérisées -ce qu'elles auraient fait en plein jour- mais, surtout, on dose les insecticides au minimum. En effet, grâce au guidage par GPS, on ne risque pas de passer deux fois sur les mêmes endroits. D'où également une très grande précision des dosages : au litre près sur un hectare ! Ce qui permet aussi de préserver la vie microbienne de nos terre".



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