Expérimentateur
juillet 2004
Le responsable d'expérimentation se doit aussi de cultiver le contact. Avec les agriculteurs, et avec ses collègues dans de nombreux pays pour que ses conseils soient au plus proche des véritables situations vécues.

Jean-Louis d'Hautefeuille observe
le comportement des plantes au champ.
On l'imaginerait plutôt en blouse blanche, entre microscope et ordinateur. Certes, on le trouvera aussi dans son labo, à Aussonne, près de Toulouse. Mais Jean-Louis d'Hautefeuille, expérimentateur et sélectionneur chez Pioneer, arpente le plus souvent "ses" parcelles, où il teste ses variétés au plus proche des conditions réelles, en plein champ.
Homme de terrain et de rigueur. En fait, son laboratoire - option maïs - est aussi vaste que son réseau d'essais qui s'étend sur tout le sud de la France en dessous de Poitiers. D'une parcelle à l'autre, il s'agit de multiplier les conditions de culture et d'élargir le domaine d'expérimentation. Celui-ci est à la mesure d'une multinationale comme Pioneer, leader mondial de la semence, que l'ingénieur agro a rejoint en 1992.
Que ce soit en France, en Europe ou aux États-Unis, la diversité des conditions expérimentales est telle qu'elle couvre quasiment toutes les situations de culture : zones de précocité, sols et conditions climatiques, irrigation, maladies et parasites. Une telle approche des situations réelles, in situ, est impossible à recréer dans le meilleur et le plus vaste des laboratoires. L'expérimentation est indispensable, c'est la touche finale du sélectionneur.
Le but, bien sûr, est de déterminer les meilleurs produits et d'offrir aux agriculteurs une gamme de variétés adaptées aux conditions de culture les plus diverses. Plus riches et précises seront les observations de terrain, plus fines seront les analyses, plus les hybrides produits répondront aux exigences de la production.
Si l'expérimentation commence chez l'agriculteur -qui aura loué sa parcelle-, elle se poursuivra surtout par la collaboration internationale des chercheurs.
"C'est un testage rigoureux et la compilation pertinente des données, insiste Jean-Louis d'Hautefeuille, et en particulier la multiplication des simulations agro-climatiques, qui permet de bien caractériser les hybrides. Et donc de bien conseiller nos commerciaux et les agriculteurs."
