Irremplaçable... nature !
novembre 2003
Depuis que l'homme crée des variétés végétales, il les observe et effectue ses recherches dans l'environnement. C'est dans la nature qu'il découvre et prélève les ressources des espèces sauvages. C'est aussi sur le terrain qu'il étudie les qualités des variétés qu'il a créées.
La recherche en laboratoire ne pourra jamais remplacer les expérimentations menées au champ. Tester de nouvelles variétés dans des conditions réelles de sol et de climat est la clef de voûte de la connaissance des plantes et de la définition des techniques culturales.
La profession semencière, et en particulier les sélectionneurs, s'appuie sur cette pratique depuis toujours. Elle lui permet notamment d'évaluer les avantages d'une nouvelle variété par rapport à celles déjà existantes.
Il existe environ 130 centres de sélection pour le tournesol, le colza et
le maïs, doublés de 6 500 plates-formes d'essai et de démonstration.
La recherche a besoin de ces essais, quelles que soient les techniques de sélection utilisées, y compris les transferts de gènes.
La transgénèse est également un outil puissant de connaissance fondamentale pour l'amélioration des plantes. C'est pourquoi, à la suite
des saccages commis cet été, plus de 200 scientifiques (chercheurs, universitaires, ingénieurs, médecins, doctorants) ont signé la pétition
dont l'essentiel est repris ci-dessous.
| Texte de la pétition |
|---|
| « La recherche et l'innovation sont les atouts de notre
compétitivité. Ne laissons pas saccager les travaux des chercheurs
français ! Au cours de cet été, en moins de deux mois, 27 essais au total, dont 22 transgéniques, ont été détruits, soit près de la moitié des essais de plantes génétiquement modifiées mis en place en France en 2003. Ces saccages répétés - sans précédent dans le monde - portent un grave préjudice aux activités de recherche et de développement en biologie végétale, secteur pour lequel la France se place encore parmi les meilleurs au plan international. Les essais en plein champ, conduits par des chercheurs du secteur public et du secteur privé, permettent de valider des années de travaux menés en laboratoire et en serre. Ils ont reçu toutes les autorisations nécessaires et sont réalisés dans des conditions qui ne font courir aucun risque ni à l'homme ni à l'environnement, sous contrôle de l'autorité de l'État. Certains ont pour objectif d'étudier la physiologie et le métabolisme des plantes. D'autres ont pour objectif de mener les évaluations nécessaires au développement de variétés génétiquement modifiées présentant de nouveaux caractères agronomiques, technologiques ou thérapeutiques. Pour toutes ces études, la transgénèse est devenue un outil indispensable. Demain, toutes les variétés commercialisées ne seront pas génétiquement modifiées, mais la plupart auront été mises au point grâce aux connaissances liées aux biotechnologies végétales. Dans le monde, plusieurs milliers d'essais au champ de plantes transgéniques sont initiés chaque année par les entreprises et les universités dans la plus grande sérénité, en Amérique du Nord mais aussi dans des pays comme l'Inde ou la Chine, en passe de devenir des acteurs importants de la recherche végétale. La France, producteur agricole mondial majeur, est en train de perdre pied dans un domaine en évolution rapide, capital pour sa compétitivité scientifique et économique. L'amélioration des plantes via des techniques diversifiées, dont celles mettant en jeu des OGM, est en effet indispensable pour permettre à l'agriculture d'intégrer les nouvelles exigences du développement durable, promouvoir un meilleur respect de l'environnement et garantir aux consommateurs une offre alimentaire européenne de qualité.Avec ces destructions, il n'est plus possible de mener en France un programme d'amélioration des plantes utilisant des technologies de pointe. Le processus de recherche et d'innovation est progressivement bloqué. Aujourd'hui, nous risquons de perdre nos entreprises et nos chercheurs les plus inventifs. Déjà, les filières de formation en biologie végétale sont désertées par les étudiants. Nous risquons également de ne disposer à l'avenir, pour notre agriculture, que de semences obsolètes ou importées, ce qui compromettrait notre indépendance et notre compétitivité en matière agricole et alimentaire. » |
