La couverture des sols

La couverture des sols

La mise en place d'un couvert végétal entre deux périodes de culture est une pratique en fort développement. Ses avantages sont nombreux : protection contre l'érosion, lutte contre certaines pollutions, économie d'engrais pour les cultures à venir... Mais encore faut-il trouver la bonne espèce à semer ! C'est là tout le rôle du sélectionneur.

phacélie
Phacélie

Laisser un sol nu durant les quelques mois d'hiver entraîne plusieurs types de risques : érosion, diffusion des produits phytosanitaires et des phosphates par ruissellement, pollution des nappes d'eau par les nitrates... Autant de désagréments qui peuvent perturber les sols et gêner les plantations à venir. Aussi, durant les quelques mois précédant les cultures de printemps, les agriculteurs ont de plus en plus souvent recours à la pratique de la culture intermédiaire. Le choix du couvert végétal à semer doit obéir à plusieurs contraintes. Il faut sélectionner des espèces s'implantant rapidement, montant peu en graine avant leur destruction -voire pas du tout- afin de ne pas salir la parcelle. Il faut en outre qu'elles se décomposent vite pour ne pas gêner la culture suivante. Autre souci : disposer d'un couvert végétal développant en très peu de temps des racines. Cette caractéristique permet d'améliorer la structure du sol et de mobiliser les éléments minéraux présents.

Dans ce domaine, les sélectionneurs proposent de nombreuses espèces qui remplissent ces exigences : la moutarde blanche, la phacélie, le ray-grass, les trèfles, différentes sortes de vesces et certains mélanges de végétaux se montrent particulièrement adaptés. Leur principale caractéristique est d'absorber une grande partie de l'azote restant dans le sol après la culture principale. Les essais menés depuis plusieurs années sur différents sites expérimentaux ont permis de confirmer et de quantifier ces résultats pour
les diverses plantes de couverture testées. Grâce au travail effectué par les sélectionneurs, celles-ci sont devenues de véritables "engrais verts" permettant de répondre aux différentes contraintes agronomiques des agriculteurs et aux directives sur la pollution des sols. La filière contribue ainsi directement à la protection de l'environnement.

 Au cours des dernières années, l'utilisation de la moutarde blanche pour la couverture des sols a nettement progressé en France. Cette plante figure aujourd'hui parmi les grandes gagnantes du développement de ce type de culture.

Très utilisée dans la moitié nord du pays, elle est cultivée dans les parcelles, en hiver, entre une culture de céréales et une de betteraves. Les sélectionneurs travaillent sur des variétés capables d'empêcher naturellement le développement de vers microscopiques, les nématodes, parasites de la betterave.

Elles ont représenté plus de 20 % des ventes de semences de l'espèce en 2000-2001, sachant que, toutes variétés confondues, la vente des semences de moutarde est passée de 14 000 quintaux environ en 1997-1998 à 28 000 quintaux en 2000-2001.

 



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