Le défi du bio

Le défi du bio

avril 2002

En France, l'agriculture biologique est en plein essor.
En amont de ce secteur, la production de semences et de plants bio constitue un véritable challenge. Celle-ci doit en effet répondre à un cahier des charges très strict et mobilise tout le savoir-faire des professionnels.

En 1995, la Communauté européenne a adopté un règlement sur le mode
de production biologique. Ce texte prévoit que "les semences et le matériel de reproduction végétative doivent être produits conformément aux règles
de l'agriculture biologique pendant au moins une génération ou deux périodes de végétation pour les cultures pérennes". Compte tenu de la difficulté de la tâche, les autorités de Bruxelles ont laissé un délai de cinq ans pour permettre à la filière de s'organiser. Jugée trop courte, cette période a finalement été prolongée jusqu'au 31 décembre 2003. À compter de cette date, toutes les semences utilisées par l'agriculture biologique devront répondre à la fois aux normes technologiques qui s'appliquent à l'ensemble des semences et aux règles de l'agriculture biologique.

Pour préparer cette échéance, la filière a mobilisé toutes ses ressources, car de nombreux obstacles doivent être surmontés. Au-delà des règles spécifiques de l'agriculture bio - définies dans un cahier des charges précis - la production et la multiplication de semences bio constituent un véritable challenge technique et économique. Principale difficulté : l'interdiction d'utiliser les protections phytosanitaires et les désherbants habituellement employés. Cette contrainte entraîne des risques plus importants de non récolte pour les porte-graines. Par ailleurs, la sélection variétale représente un autre défi à relever à terme.

Aujourd'hui, les résultats sont là. L'offre disponible en semences et plants bio sur le marché concerne aussi bien les céréales à paille, les fourragères, les oléagineux et protéagineux, que le maïs, la betterave ou les pommes de terre. La concertation se poursuit entre la filière des semences et les représentants de l'agriculture biologique pour optimiser les quantités de semences et les gammes de variétés nécessaires.

 La France, compte aujourd'hui 7 000 exploitations bio, soit deux fois plus qu'en 1995.
Autres caractéristiques : les exploitations bio sont légèrement plus grandes (47 ha en moyenne, contre 42 ha pour les traditionnelles) et mobilisent une main d'oeuvre plus importante. Globalement, le poids de ce secteur reste encore faible : l'agriculture biologique représente 1 % de l'ensemble des exploitations agricoles et 0,5 % des surfaces cultivées. Mais comme tous les secteurs de l'agriculture, elle demande néanmoins un approvisionnement en semences adapté à ses besoins.


Pour en savoir plus : site Internet de l'Institut Technique de l'Agriculture Biologique



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