Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Développer les semences pour l’agriculture bio

Un agriculteur bio ne peut pas utiliser de produits phytosanitaires de synthèse pour protéger ses cultures. Son impératif : disposer de plantes résistantes aux maladies et aux insectes. C’est l’un des axes majeurs de la création variétale.

Par ailleurs, de nombreux autres critères de choix intéressent l’ensemble des agriculteurs, conventionnels ou biologiques : les résistances au stress, au froid, la capacité à utiliser l’azote disponible, etc. C’est pourquoi, parallèlement à des recherches plus spécifiques, l’agriculture bio teste les variétés végétales classiques.

Une double exigence pour la production des semences bio

Tout d’abord, les normes de qualité pour les semences et plants conventionnels s’appliquent aux semences et plants biologiques. Pour les espèces de grandes cultures couvertes par la législation semences, les semences biologiques commercialisées doivent donc répondre aux normes de la certification.

De plus, depuis 1991, le règlement européen de l’agriculture biologique impose que « les semences et matériels de reproduction végétative utilisés par les producteurs bio, doivent être biologiques, et avoir été produites à partir d’une génération réalisée selon les règles de l’agriculture biologique de semences biologiques ». Les semences certifiées Agriculture Biologique ne peuvent pas bénéficier d’une protection phytosanitaire pouvant faire obstacle à certaines maladies transmises par les semences. Pour y remédier, plusieurs voies de recherche, en complément de la sélection variétale, sont en cours comme des produits de traitement compatibles avec l’agriculture biologique, la thermothérapie, l’utilisation de micro-organismes en enrobage de semences etc.

Approvisionner les agriculteurs bio en semences de qualité

La filière semences a pour but d’approvisionner en semences de qualité les agriculteurs. Pour les productions biologiques, cet approvisionnement s’est avérée au départ difficile, car la demande était dispersée et concernait de petites quantités.

Afin de permettre aux agriculteurs bio de trouver les semences et plants dont ils ont besoin, le Gnis, à la demande du ministère de l’Agriculture, gère depuis 2004 une base de données qui permet aux fournisseurs de semences et plants bio de faire connaître les disponibilités variétales pour chaque espèce : www.semences-biologiques.org

Ce travail, sur la base de données, est conduit en concertation avec l’INAO et la commission semences biologiques de l’INAO. Chaque année, le comité national AB de l’INAO réexamine la situation des différentes espèces végétales et son statut afin de prendre en compte les espèces pour lesquelles l’approvisionnement en semences et plants bio est encore délicat. C’est le cas en particulier pour certaines potagères, en pomme de terre, en pois protéagineux, en céréales et en plantes fourragères. Elle permet aussi, en cas de manque de semences bio, de demander directement des dérogations pour utiliser des semences conventionnelles non traitées.

Des réunions interprofessionnelles sont organisées pour mieux répondre à la demande en semences et plants biologiques

En 2017, une commission horizontale inter-espèces est mise en place au sein du Gnis réunissant différents acteurs de la filière issus des 5 collèges – sélection, production, multiplication, commerce, utilisation – représentant les espèces sur lesquelles travaille le Gnis. Cette Commission a plusieurs objectifs :

  • Mettre en exergue les statistiques disponibles grâce à la Base Semences Biologiques et les mettre à disposition de tous ;
  • Faciliter la communication sur les semences biologiques à l’intérieur de la filière ;
  • Faciliter la communication de la filière sur les semences biologiques auprès de tous les acteurs concernés et du grand public ;
  • Lancer des enquêtes afin d’identifier et de lever les freins au développement des semences biologiques.

 

En bref

La filière semences développe depuis des années une offre de plus en plus adaptée de semences et plants, grâce à une écoute constante des besoins des producteurs bio. Ceci se traduit très concrètement par une augmentation rapide des acteurs, des surfaces et des productions de semences et plants, en réponse au développement des filières bio.