Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
7

Surfaces prairiales : Suivez la pousse de l’herbe… Mais aussi et surtout son stade végétatif

13 avril 2017

Parmi les paramètres qui vont déterminer les valeurs alimentaires de l’herbe, il en est un essentiel : la proportion de feuilles et de tiges qui dépend surtout du stade végétatif.

Au réveil de la végétation, les parties aériennes de la plante sont constituées essentiellement de feuilles de l’année précédente. Très vite, de nouvelles feuilles naissent, de façon cyclique, environ tous les 20 jours. En même temps, la plante multiplie son nombre de talles dans la mesure de l’espace disponible et de l’accès à la lumière de la partie basse des gaines. Il s’agit de la phase végétative. Puis succède la phase reproductive, un épi va naître de cette partie de la gaine, puis va monter pour enfin sortir et être visible.

Optimiser la production fourragère : des repères simples

Six stades à la fois simples et précis ont été déterminés pour permettre de se repérer, de comparer des espèces ou variétés entre elles, mais aussi d’estimer la valeur alimentaire des plantes.

Le premier stade est le stade tallage-feuillu. On parle aussi de stade départ en végétation. La plante est constituée uniquement de feuilles. On a donc une haute valeur alimentaire et une bonne appétence. On prend pour hauteur d’herbe25 centimètres (20 pour le ray-grass anglais) pour pouvoir comparer espèces, variétés mais aussi des zones géographiques, car ce sont surtout les sommes de température qui déterminent la pousse de l’herbe. C’est le stade idéal pour un bon pâturage.

Le second stade est le stade montaison. L’épi est formé dans la base de la tige dont les entre-nœuds s’allongent. Pour voir l’épi à ce stade, il faut couper dans la longueur la gaine.
Le fourrage est également de très bonne qualité à ce stade car il est constitué de feuilles jeunes. En pâturage, il pourrait déjà y avoir beaucoup de pertes par les animaux. Il faut donc privilégier le pâturage au fil.

Le troisième stade est le stade épi à 10 cm. L’épi est en train de monter dans la tige et on mesure10 cm entre la base de cet épi et le plateau de tallage. Les tiges constituent une partie non négligeable de la biomasse, la valeur du fourrage diminue et l’encombrement augmente.

D’autre part, il est important de surveiller ce stade car il conditionne la remontaison. Une exploitation avant ce stade donnera des repousses avec des tiges et épis, une exploitation après ce stade donnera des repousses essentiellement feuillues.

Et pour constituer des bons stocks en fourrages ?

Le quatrième stade est le stade début épiaison, 10 % des épis sont visibles. La proportion de tiges a encore augmenté, mais aussi la quantité de fourrage par hectare. C’est souvent le compromis entre coût de récolte et qualité du fourrage pour constituer des stocks en ensilage ou en enrubannage. En effet le coût de récolte est surtout lié à la surface plutôt qu’à la quantité.

Le cinquième stade est le stade pleine épiaison qui est atteint lorsque 50 % des épis sont visibles. La proportion de tiges augmente encore, de même que l’encombrement alors que les valeurs fourragères continuent de diminuer. C’est le bon stade pour optimiser les récoltes de foin.

Le sixième stade est le stade floraison qui est atteint lorsque les étamines apparaissent. A ce stade, toutes les talles qui ont donné un épi vont mourir. Les repousses seront constituées de nouvelles talles végétatives. La repousse après une telle exploitation sera plus lente, la plante ayant vu ses réserves glucidiques migrer vers l’épi pour constituer les amandes des graines.

Herbe-Book : un site pour l’éleveur pour bien choisir les espèces et les variétés

Les dates de réalisation de ces phases reproductives sont liées à la plante elle-même, c’est-à- dire à sa précocité mais aussi à la longueur du jour et aux sommes de température. Pour les variétés inscrites au catalogue officiel français, l’information est accessible sur www.herbe-book.org. Pour chaque variété, des dates de réalisation de stades sont communiquées pour une zone géographique qui est le centre-ouest de la France. Pour adapter l’information pour le reste de la France, une grille de correction permet de corriger les données par rapport à la zone géographique souhaitée.

En conclusion, pour bien maîtriser les paramètres de la valeur de l’herbe, il faut être vigilant sur l’avancée des stades végétatifs et raisonner en particulier le critère variétal de la précocité lors du choix des variétés.

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Attachée de presse
01 42 33 88 29
maiwenn.cougard@gnis.fr