Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Le trèfle blanc, véritable moteur des prairies

05 mai 2017

Chacun d’entre nous a pu remarquer, en arpentant les prairies, l’impact positif de la présence de trèfle blanc, à la fois sur les graminées avec lesquelles il cohabite intimement et sur le comportement alimentaire et les performances des animaux.

En effet, sa très grande appétence permet d’augmenter de 3 à 8 % la quantité de matière sèche pâturée, ce qui correspond au moins à 1 kg de matière sèche consommée en plus par jour. Or on estime que chacun de ces kilos consommés en plus correspond à un litre de lait…gratuit !

Le trèfle blanc pour produire plus

Si on regarde les valeurs alimentaires du trèfle blanc dans les tables des valeurs de l’INRA, on constate au stade feuillu une valeur de 1,08 UFL et de 160 g de PDIN et au stade début floraison, 1,03 UFL et 144 g de PDIN. Ces valeurs dépassent largement les besoins des vaches laitières même hautement productrices. Toutefois le trèfle blanc ne peut pas être exploité en espèce pure.

Par ailleurs, le trèfle blanc fixe l’azote de l’air. Le potentiel de fixation est d’environ 400 unités par hectare. Comme le trèfle est toujours associé à des graminées, on peut estimer que 80 à 120 unités de cet azote fixé sont disponibles pour le reste de la flore. Cet azote gratuit est surtout disponible en été et en automne.

Un atout supplémentaire du trèfle blanc : il conserve très longtemps une valeur stable et permet donc de constituer des réserves de fourrages sur pied, sans perdre sa valeur alimentaire, en attendant d’être pâturé.

Le trèfle blanc particulièrement adapté au pâturage

L’utilisation du trèfle blanc est surtout préconisée pour le pâturage, vu sa morphologie gazonnante et le fait qu’il soit difficile à faucher. Il faut néanmoins évoquer le risque de météorisation lorsque le trèfle est surabondant et en condition humide. La météorisation tient au fait qu’un voile se forme en surface du contenu du rumen qui empêche le méthane d’être éructé. L’abdomen de l’animal gonfle, comprime les poumons et peut entraîner sa mort par asphyxie. Le risque existe dès que l’on dépasse 50 % de trèfles présents dans la prairie, en conditions humides et en particulier lorsque les vaches sont lâchées le ventre vide. L’idéal est de se situer à un taux de 30 à 50 % de trèfles.

Lorsque le trèfle blanc est quasi absent de la prairie, il n’est pas envisageable d’en semer ou d’en sursemer, sans diagnostiquer la cause de cette absence. Il y a 3 causes principales : un pH trop bas, le seuil semble être un pH de 6,2, un excès d’humidité et de piétinement, un apport excessif d’azote et une exploitation trop haute. En fait le trèfle blanc apprécie la chaleur, la lumière qui parvient à son pied, les faibles fumures azotées et un bon pH. Parfois un simple chaulage le fait réapparaître naturellement. En fait un apport d’azote au démarrage de la prairie, fin d’hiver, est peu pénalisant ; par contre les apports suivants sont plus concurrentiels.

Envisager un sursemis c’est possible

Une fois la cause de son absence éliminée, on peut alors envisager de le sursemer ou de l’ajouter à la semence lors du semis de la prairie. La dose de semis est faible, 3 à5 kg par hectare, car une fois implanté, le trèfle a la faculté de conquérir toute la surface grâce à ses stolons.

Quelles variétés choisir ? Il existe trois grands types de trèfles : les géants, dénommés également ladino, les moyens, dénommés également hollandicum et les nains.

Au sein d’un même type on peut distinguer une gamme d’agressivité du trèfle sur ses espèces voisines. Les caractéristiques des variétés sont disponibles sur www.herbe-book.org.

Le choix de la variété se fera en fonction de la ou des graminées avec lesquelles on l’utilise et en fonction du niveau de fertilisation azotée. Plus les graminées sont aptes à pousser quand il fait chaud, dactyle, fétuque élevée, ray-grass hybride, plus il faudra une variété géante et agressive de trèfle blanc afin qu’il puisse tenir sa place. A l’inverse, pour l’associer à du ray-grass anglais, dont la pousse est ralentie quand il fait chaud, il faudra utiliser des variétés moyennes ou naines. Par ailleurs, plus le niveau de fertilisation azotée est élevé, plus il faut un trèfle agressif qui puisse faire face au développement de la graminée. Dans le cas de fertilisation azotée faible ou nulle, il est préférable d’utiliser des variétés naines ou hollandicum, peu agressives, pour éviter une surabondance de trèfles. Il faut préciser que les trèfles géants font peu ou pas de stolons et qu’ils contiennent de l’acide cyanhydrique, ce qui peut être toxique pour les ovins.

En cas d’alternance fauche/pâture, un trèfle blanc géant et agressif sera adapté pour palier à la concurrence avec les graminées qui occuperont l’espace et surtout limiteront l’accès à la lumière du trèfle blanc.

Le trèfle blanc est une plante adaptée à des sols pas trop humides, ni trop séchants. Si vous rencontrez ces contraintes, il existe des alternatives. Il est possible d’utiliser du trèfle hybride en zone humide et du lotier en zone séchante. Ces espèces peuvent être utilisées avec ou sans trèfle blanc (voir également www.herbe-book.org).

L’utilisation du trèfle blanc présente un retour sur investissement sans comparaison. Il faut simplement tenir compte de ses propriétés biologiques précitées pour en tirer le meilleur parti.

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Attachée de presse
01 42 33 88 29
maiwenn.cougard@gnis.fr