Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
0

Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ; Pourquoi herser ?

28 mars 2017

La morphologie idéale de la végétation d’une prairie pour optimiser la productivité est d’avoir une flore gazonnante, c'est-à-dire d’une même hauteur et dense, avec un maximum de talles par mètre carré. A l’inverse de « gazonnant », on a un couvert cespiteux, c'est-à-dire en touffes. Dès lors qu’une graminée se présente en touffes, elle provoque des refus et occasionne des vides autour d’elle.

Une herse a plusieurs fonctions

Les éléments horizontaux de la herse, lorsque la terre est relativement humide, permettent donc de racler et en même temps de coucher les graminées. Les parties blanches de la base de la tige reçoivent plus de lumière. Les plantes tallent davantage, gazonnent et recouvrent davantage le sol. Il est aussi important de faire taller car si une graminée est pérenne, une talle l’est beaucoup moins et une plante qui talle peu risque de voir sa durée de vie réduite. Il y a dans ce cas baisse de productivité et salissement par des espèces souvent indésirables. Les éléments horizontaux de la herse permettent également d’étaler les taupinières.

Pour favoriser l’activité des vers de terre

Le passage des éléments verticaux de la herse permet de fendre la matière organique accumulée en surface. Ce mulch réduit les échanges entre l’air du sol et l’air atmosphérique et pénalise l’activité biologique du sol. De plus, il rend la plante plus sensible à la sécheresse et au surpâturage.

Les dents de la herse arrachent les plantes à enracinement superficiel comme le pâturin annuel, la renouée des oiseaux, les agrostides au profit des plantes à racines profondes comme le ray grass anglais, le dactyle et la fétuque élevée.

L’aération provoque une relance de l’activité des vers de terre qui vont dégrader la matière organique morte et par leurs nombreuses galeries, drainer et aérer le sol. 1,5 tonne de vers de terre à l’hectare, c’est 400 tonnes de terre ainsi brassées tous les ans. Les éléments fertilisants se retrouvent mieux répartis en profondeur, ce qui favorise les plantes dont les racines sont profondes et souvent plus intéressantes pour l’éleveur.

Ce sont donc les vers de terre qui agissent mais c’est la herse qui stimule leur travail.

Par ailleurs, le hersage relance l’activité biologique du sol. En effet, l’aération de celui-ci stimule également la décomposition de la matière organique. Ainsi l’azote libéré augmente la productivité de la prairie et enfin tout ce travail réduit l’emprise de la mousse.

Idéal : herser 2 fois par an

Le premier passage est à réaliser en fin d’hiver pour aplanir et aérer le sol, stimuler l’activité des vers de terre, étaler les taupinières et enfin favoriser le tallage.

Le deuxième passage se fera en plein été ou fin d’été pour profiter de la chaleur et ainsi d’une bonne minéralisation, étaler les bouses et arracher les stolons de l’agrostis stolonifère, graminée de faible valeur qui inhibe les autres plantes et sécrète des toxines anti germinatives.

Dès que la portance du sol le permet, à vos herses, prêts, partez !

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Attachée de presse
01 42 33 88 29
maiwenn.cougard@gnis.fr