Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ?

13 juillet 2017

Dactyle/luzerne : une bonne association pour passer des étés secs

Depuis 5 ans, beaucoup d’éleveurs se sont remis à cultiver la luzerne et à apprécier ses vertus, tant sous l’aspect agronomique qu’en tant qu’aliment pour le bétail. Culture économique en intrants et autonome en ce qui concerne la fertilisation azotée, en place pour 3 ou 4 ans, la luzerne est aussi une assurance sécheresse. Mais mieux, en association avec le dactyle, la luzerne constitue une des solutions pour obtenir une production fourragères abondante et équilibrée l’été.

ASSOCIATION DACTYLE/LUZERNE : 2 ESPÈCES COMPLÉMENTAIRES

L’association dactyle/luzerne constitue une solution facile pour bénéficier des avantages de cette dernière. La culture de ces 2 espèces estompe les limites de la légumineuse avec une pousse d’herbe retardée au printemps. En effet, il existe une triple complémentarité entre ces 2 espèces. Les modes de récolte et d’utilisation du fourrage sont tout à fait compatibles. La graminée riche en énergie et la légumineuse riche en protéines font de cette association une très bonne valeur alimentaire. Enfin, il y a une bonne complémentarité quant à la répartition de la production au cours de l’année. Le dactyle sera plus présent au printemps mais les 2 espèces pousseront de concert pendant l’été.

Le mélange des 2 espèces facilite la conservation de l’ensilage grâce au dactyle, alors que la luzerne pure exige un conservateur. En cas de récolte en foin, la présence de la graminée permet de garder les feuilles de luzerne cassées dans la masse du fourrage, plutôt qu’elles ne se retrouvent sur le sol. En effet, lors de la récolte de la luzerne en pur, la perte des feuilles peut être conséquente alors qu’elles contiennent 70 % des protéines. Par ailleurs, en fin de saison, on peut envisager de faire pâturer l’association, de préférence par pâturage au fil, avec un faible risque de météorisation.

La fertilisation azotée peut se restreindre à un unique apport au printemps. Par la suite, l’éleveur peut compter sur l’autonomie de la luzerne dont l’azote fixé bénéficiera aussi au dactyle.

La bonne valeur UFL (Unité Fourragère Lait) du dactyle permet de maintenir une bonne densité énergétique du mélange.

Les 2 plantes ont des pics de production différents. Le dactyle domine au printemps, puis la luzerne en été mais le dactyle reste encore très productif. La climatologie de fin d’été et d’automne déterminera la proportion de dactyle et de luzerne en fin de saison, les regains seront toutefois très appréciés tant par leurs quantités que leurs qualités.

LE COUPLE IDÉAL POUR PRODUIRE DES PROTÉINES

Cultiver ensemble le dactyle et la luzerne, c’est associer les 2 espèces championnes de leur catégorie pour la production de protéines. La luzerne, on le sait, est riche en protéines à l’instar des autres légumineuses. Mais c’est la plus productive par hectare. Ce que l’on sait moins, c’est que le dactyle est la graminée la plus riche en protéines avec 193 g de M.A.T (Matière Azotée Totale) par kg de Matière Sèche. Récolté avant le stade début épiaison, il est même plus riche que certaines légumineuses. Ces deux espèces cultivées ensemble et récoltées à un stade jeune peuvent donc apporter une solution très intéressante aux éleveurs qui souhaitent augmenter leur autonomie protéique.

RESPECTER LES DOSES DE SEMIS

Lors du semis, il faut tenir compte du poids des graines : le poids de 1 000 graines est d’environ 2 grammes chez la luzerne et de 0,9 chez le dactyle. Pour avoir 50 % de plantes de chaque espèce, il faut donc semer 30 % de dactyle et 70 % de luzerne en poids. Ceci est d’autant plus important en cas de demande de l’aide PAC attribuée aux légumineuses fourragères (il faut que 50 % des graines soient des légumineuses). Les semis d’été sont recommandés pour une bonne implantation de l’association avant l’hiver. Toutefois il est également possible de réaliser un semis sous couvert dans de l’orge de printemps.

A côté de cette excellente complémentarité, il faut évoquer la pérennité qui est différente. En effet au bout de 3 ans, la luzerne disparaît. On peut alors, soit conserver le dactyle pur, soit y sursemer du trèfle violet. En effet, le sursemis de luzerne n’est pas envisageable. Il est possible également de labourer et avoir un excellent précédent pour des cultures annuelles.

En conclusion, l’association dactyle/luzerne est un bon compromis pour répondre aux questions que peut se poser un éleveur possédant des terres filtrantes, d’un bon pH et sensibles à la sécheresse. Cela permettra une meilleure autonomie alimentaire, une prise en compte de santé de l’animal, une bonne productivité et l’économie d’intrants et enfin une diminution du temps de travail du fait de l’implantation d’espèces pérennes.

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Responsable affaires publiques
01 42 33 88 29
maiwenn.cougard@gnis.fr