Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ?

07 juillet 2017

Les chevaux sont exigeants quant à la qualité de l’herbe

La gestion des prairies pour les chevaux n’est pas des plus faciles. On s’en aperçoit rapidement rien que par l’aspect visuel des herbages avec des zones surpâturées, des zones de refus et la présence d’adventices. Pourtant il existe des voies simples d’amélioration et d’optimisation. Il faut pour cela se pencher sur les spécificités du comportement du cheval au pâturage et sur la biologie des espèces prairiales.

Connaître le comportement du cheval au pâturage, c’est essentiel

Le pâturage du cheval est caractérisé par un faible débit d’ingestion et par 14 à 18 heures de broutement par jour. En cas de besoins importants, croissance, lactation, temps froid, le  cheval augmente alors le temps de consommation pour satisfaire ses besoins. Par ailleurs, le cheval a la spécificité de beaucoup se déplacer, trois fois plus qu’un bovin. Pour finir, le cheval sélectionne des zones où aucune plante ne sera consommée et où il y concentrera ses crottins et urines. Ces zones de refus représentent 30% de la surface offerte et sont les mêmes d’une année sur l’autre.

Les zones pâturées le seront très ras, ce qui nuit aux graminées et à la production de l’herbe par manque de surface foliaire.

Adapter le mode d’exploitation pour optimiser les surfaces en herbe

Face à ses caractéristiques, l’éleveur va devoir adapter ses pratiques. Quand cela est possible, l’alternance fauche/pâturage est idéale, ainsi que la cohabitation ou la succession de différents herbivores: ovins ou bovins.

Si cela n’est pas envisageable, on peut améliorer la situation par un pâturage tournant, avec un temps de repos-repousse de 3 à 4 semaines entre 2 pâturages.

Pour gérer les zones de refus, il convient bien sûr de ne pas les fertiliser, ce qui n’est pas aisé car ces zones ne sont pas géométriques et sont dispersées. On peut envisager de les faucher, auquel cas les équidés viendront alors consommer ce qui a été coupé. Par contre il ne faut pas broyer car cela provoquerait une putréfaction du végétal répugnant pour l’animal et aggravant le phénomène de refus.

Pour les zones pâturées, il faut gérer la fertilisation en tenant compte qu’il n’y a pas de déjections et que l’on est limité en fertilisation azotée pour les chevaux soit 50 unités maximum au premier apport, puis 30 unités après chaque passage. Il ne faut pas être négligeant en phosphore et potasse. En effet, une tonne de matière sèche d’herbe, c’est 25 unités d’azote, 8 de phosphore et 25 de potasse.

En cas de dégradation, prévoir un sursemis ou un ressemis

Pour finir d’évoquer les voies d’amélioration, il y a le sursemis ou le ressemis. C’est même un impératif, vu l’impact du comportement du cheval sur l’herbe. On dispose alors de 2 espèces phares : la fétuque élevée et le ray-grass d’Italie. Ce dernier est certes peu pérenne mais est très rapide d’installation et est adapté au sursemis. Il permet de valoriser des zones piétinées, dénudées, sachant que le RGI est peu onéreux, mais qu’il faudra ressemer au moins tous les 2 ans. Par contre la fétuque élevée est très pérenne et a l’avantage de résister à beaucoup de contraintes comme la sécheresse, l’excès d’eau, le froid et la chaleur. Elle produit sans cesse, de tôt au printemps jusque tard à l’automne. Sa valeur alimentaire est moindre, ce qui est plutôt un atout lorsque l’on a des équidés à faibles besoins et de surcroit des animaux qui sont sujets à la fourbure. En cas de fauche pour faire du foin, la fétuque élevée sèche deux fois plus vite et fait donc du foin d’excellente qualité.  Par contre, elle est lente à s’implanter et il faudra être rigoureux sur les soins à apporter lors du semis. Il est nécessaire de semer en bonnes conditions SURF d’humidité et de température, sur une terre ameublie en surface, à 1 cm de profondeur, suivi d’un passage de rouleau.

Pour compléter les informations sur les plantes fourragères, les caractéristiques des espèces et des variétés, les conseils à l’implantation et à l’utilisation, le Gnis gère des sites de conseils disponibles pour tous : www.prairies-gnis.org, www.herbe-book.org, et www.herbe-actifs.org.

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
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bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Responsable affaires publiques
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