Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ?

16 juin 2017

Après la récolte du méteil, une possibilité de produire d’autres fourrages

La récolte du méteil ensilé approche à grand pas et la parcelle va être disponible alors que les jours sont au plus long, les températures élevées et qu’il reste dans le sol un reliquat d’azote conséquent, issu des légumineuses, pois, vesces ou féveroles. Seule l’eau peut être parfois le facteur limitant mais malgré tout pourquoi ne pas profiter de cette période favorable pour produire d’autres fourrages qui seront bien utiles cette année ?

Tout d’abord, choisir le type de production

Beaucoup d’espèces sont possibles. Il y a des espèces de courte durée de vie qui ne passeront pas l’hiver et des espèces destinées à durer 12 mois jusqu’au printemps suivant. Mais il est aussi possible de profiter de cet après méteil pour implanter une prairie longue durée. La nature est ainsi faite que les espèces pérennes sont aussi lentes d’implantation (sauf le ray-grass anglais). Pour les légumineuses fourragères, luzerne, trèfle violet, trèfle blanc, lotier, c’est la période la plus favorable à leur implantation. En effet, celles-ci ont besoin de lumière et de chaleur. Pour ce qui est des graminées, fétuques élevée, dactyle, fléole, fétuque des près, elles disposent de temps pour pouvoir bien s’installer avant l’hiver et souvent il est possible de les exploiter dès l’automne. Ce cas de figure peut concerner par exemple une culture de méteil, suivie de 4 à 5 années de prairie temporaire, puis de cultures annuelles pendant 2 ou 3 ans avant de réimplanter du méteil.

Puis choisir les espèces…

Pour une exploitation dès la fin de l’été, il sera nécessaire de choisir des espèces à courte durée de vie qui s’implantent et se développent rapidement. Il est possible de semer de l’avoine rude, du trèfle d’Alexandrie, du sorgho, du moha, du millet, du chou, du colza fourrager, de la vesce commune, de la vesce velue, du ray-grass d’Italie.

Dans le cas du choix du ray-grass d’Italie, il sera nécessaire de prêter attention au type de variété. Une variété alternative sera plus adaptée à la fauche puisqu’elle donnera des épis dès l’automne. Par contre une variété non alternative ne produira que des feuilles à l’automne et sera donc plus destinée à une valorisation en pâturage.

Le trèfle incarnat, le trèfle de perse et les ray-grass d’Italie sont des espèces non gélives qui passeront l’hiver. Ainsi pour celles-ci il sera possible d’envisager, selon la date de semis, de les exploiter une première fois à l’automne puis une seconde fois au printemps suivant.

Il est également possible, en fonction de la situation, de mélanger des espèces dont certaines s’exprimeront à l’automne et d’autres au printemps. Le choix des espèces se fera aussi en fonction de l’objectif d’utilisation, pâturage, ensilage, affourragement en vert ou pour un usage mixte.

Il faut préciser que certaines espèces sont capables de produire avec très peu d’eau. C’est le cas du sorgho, du moha et du millet qui sont des espèces tolérantes à la chaleur et à la sécheresse.

Et si la culture après méteil était implantée avant sa récolte ?

Pour gagner du temps, il est tout à fait possible de semer la culture fourragère suivante sous couvert du méteil. La ou les espèces s’implanteront doucement sous ce couvert protecteur jusqu’à ce que le méteil soit récolté. Cette pratique assure en général une bonne implantation des prairies qui deviennent plus rapidement productives. Pour certaines des espèces gélives citées ci-dessus, on peut envisager un sursemis au printemps dans un méteil semé à l’automne ou un semis simultané dans un méteil semé au printemps. Utiliser ainsi le méteil comme couverture pour une autre culture présente de nombreux avantages. Parmi les plus importants, on peut citer le gain de temps, une sécurisation du semis, la réduction du nombre de passages… Cette technique est sans nul doute vouée à se développer dans les prochaines années.

Il existe donc de nombreuses solutions pour répondre à des situations très diverses et conjoncturelles. La grande diversité des espèces et des variétés fourragères permet aux éleveurs et aux conseillers de pouvoir raisonner, à la fois à long terme et à court terme, des solutions pour optimiser un contexte fourrager.

Contacts :

Bruno Osson
Technicien Développement
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bruno.osson@gnis.fr

Maïwenn Cougard
Attachée de presse
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