Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ?

29 septembre 2017

L’herbe d’automne, ne pas négliger sa productivité et sa valeur

L’herbe d’automne n’a pas toujours bonne presse auprès des éleveurs. A cette période, les fortes rosées du matin et le soleil la journée sont des conditions favorables aux maladies (surtout la rouille) et souvent les éleveurs ont tendance à se « précipiter » vers les rations hivernales plus coûteuses.

Pourtant, et parfois jusque fin octobre, les températures ambiantes et celles du sol, ainsi que la longueur du jour permettent encore une production intéressante qui peut représenter jusqu’au quart de la production annuelle. De plus, à cette période, l’herbe est poussante car elle dispose encore de reliquat azoté issu de la minéralisation estivale. Enfin, l’herbe est constituée essentiellement de feuilles bien adaptées au pâturage.

Nous sommes donc à la croisée des chemins où l’azote est disponible, le manque d’eau estival s’estompe, les températures sont clémentes et la longueur du jour encore intéressante.

 

Répartition de la pousse de l’herbe durant l’année


 

Quelques précautions pour profiter pleinement des repousses d’automne

Quelques règles sont néanmoins à respecter pour tirer parti du pâturage d’automne :

  • Dans le cas où les animaux ont été alimentés avec un fourrage autre que des graminées, notamment de l’ensilage de maïs, il faut penser à faire une transition progressive durant une dizaine de jours.
  • Dans le cas où le fourrage conservé continue d’être distribué, il faut que la quantité distribuée soit en lien avec l’herbe disponible. L’apport à l’auge doit se faire le soir. L’objectif est de privilégier la consommation d’herbe plutôt que de maïs.
  • En cas de mauvaise portance du sol, le temps de présence à l’extérieur peut être réduit : si les vaches sortent sans avoir été alimentées le matin, elles peuvent consommer 7 à 8 kg de matière sèche en 4 heures !
  • Encore plus qu’au printemps, il est préférable de pratiquer le pâturage tournant avec plus de paddocks et en les redivisant avec un fil.
  • Toute l’herbe doit être consommée : ne pas laisser trop d’herbe pour passer l’hiver, auquel cas les feuilles faneraient et constitueraient un paillage jaune préjudiciable au redémarrage au printemps suivant.
  • Il faut aussi éviter le surpâturage qui nuit surtout au ray-grass anglais. C’est la période où celui-ci renouvelle ses racines. Le pénaliser à cette période provoque une nanification de la plante et surtout un retard du démarrage en végétation au printemps.
  • On peut aussi finir les parcelles en faisant passer génisses et bœufs dans les parcelles réservées aux vaches laitières.
  • Il n’y a vraiment qu’en cas de mauvaise portance que le pâturage automnal peut être préjudiciable.

 

Le pâturage d’automne permet donc une réduction de correcteur azoté et de fourrage conservé.

En prairie temporaire, des espèces sont particulièrement adaptées à la pousse automnale : les ray-grass hybrides, d’Italie, la fétuque élevée à feuilles souples et le dactyle.

Pour le choix des variétés, deux critères variétaux sont à classer en priorité : la productivité été-automne et la résistance aux maladies. Sur ce dernier critère, le progrès apporté par la sélection est gigantesque et impacte directement la valeur du fourrage et la quantité consommée par les animaux.

L’information sur les variétés est disponible sur le site www.herbe-book.org 

Contacts :

Aline Muzard
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
aline.muzard@gnis.fr

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr