Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
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Surfaces prairiales : Comment optimiser leur exploitation ?

22 septembre 2017

Installer une prairie de courte durée

Pour des questions agronomiques, de rotation des cultures ou pour palier à un déficit fourrager, il peut être intéressant d’envisager l’implantation de prairies de courte durée. Cette durée peut aller de 6 mois à 3 ans selon la situation et les besoins en fourrages.

De nombreuses espèces sont disponibles en graminées et légumineuses pour ce type de prairie. Le choix des espèces doit se faire en fonction de la période de semis, au printemps ou à la fin de l’été, de l’usage prévu et de la pérennité souhaitée.

En semis de fin d’été et d’automne

Plusieurs cas ou situations peuvent se présenter. L’éleveur devra donc choisir les espèces en fonction des critères suivants :

  • Pour une production rapide et une destruction avant l’hiver, le trèfle d’Alexandrie, le ray-grass d’Italie alternatif ou l’avoine diploïde seront privilégiés.
  • Les ray-grass d’Italie alternatifs et non alternatifs, le trèfle violet ou le trèfle incarnat seront utilisés pour un semis de fin d’été avec une exploitation si possible avant l’hiver. Ils pourront être aussi exploités au printemps suivant avec destruction de ce couvert pour l’implantation d’une culture de printemps.
  • Pour un semis de fin d’été et une destruction de ce couvert 18 à 20 mois plus tard, en fin de printemps, avant l’implantation d’une culture de printemps, il sera préférable de choisir  un ray-grass hybride, un ray-grass d’Italie non alternatif, un trèfle violet ou un festulolium.
  • Pour un semis de fin d’été et une destruction après 24 mois de production, les espèces les mieux adaptées sont le ray-grass hybride, le trèfle violet, le festulolium, le ray-grass anglais précoce à intermédiaire ou le trèfle blanc géant.
  • Enfin pour un semis de fin d’été suivi d’une destruction 30 mois plus tard avec une dernière exploitation tôt au printemps, le ray-grass hybride, le trèfle violet, les ray-grass anglais précoces à intermédiaires ou le trèfle blanc géant sont recommandés.

Anticiper les semis de printemps

  • Pour des semis précoces au printemps et une durée de 6 mois, on peut utiliser le ray-grass d’Italie alternatif ou non alternatif, le trèfle incarnat ou le trèfle d’Alexandrie.
  • Pour des semis de printemps sur sol réchauffé, on peut utiliser le ray-grass d’Italie alternatif, le moha, la vesce commune, le trèfle d’Alexandrie ou la vesce velue.
  • Pour des semis précoces au printemps et une pérennité de 14 à 15 mois, avec une dernière exploitation d’avril avant retournement et implantation d’une culture de printemps, le choix se portera sur le ray-grass d’Italie alternatif ou non alternatif, le trèfle violet ou le trèfle incarnat.
  • Pour des semis précoces au printemps et pour une destruction de cette culture au 2e automne, choisir le ray grass d’Italie non alternatif, le ray-grass hybride, le trèfle violet ou le trèfle hybride.
  • Pour des semis précoces au printemps et une pérennité de 26 mois, dans l’objectif d’implanter une culture de printemps après une dernière exploitation au tout début de la 3e année, les espèces conseillées sont le ray-grass d’Italie non alternatif, le ray-grass hybride, le festulolium, le trèfle violet, le trèfle hybride ou le trèfle blanc géant.
  • Pour des semis précoces au printemps et une pérennité de 32 à 36 mois et donc une destruction en fin d’été, les espèces à choisir sont le festulolium, le ray-grass hybride, le trèfle violet, le ray-grass anglais précoce à intermédiaire ou le trèfle blanc géant.

Choisir des espèces complémentaires et des variétés adaptées

Pour faire face aux aléas climatiques et avoir une bonne souplesse d’utilisation, il est conseillé de choisir au moins 2 espèces, comprenant au moins une graminée et une légumineuse.

Le choix des variétés est essentiel et l’information sur les variétés inscrites au Catalogue Français des Variétés est disponible sur le site www.herbe-book.org.

Pour effectuer son choix, il est essentiel de bien assimiler quelques définitions.

  • La remontaison : faculté de la plante à refaire des épis après chaque coupe. On peut souhaiter ou pas cette remontaison en fonction de l’utilisation que l’on veut faire du fourrage. Cette caractéristique pourra être intéressante pour constituer un fourrage de type ensilage ou foin. Pour le pâturage, le choix se portera plus sur des espèces et types variétaux non remontants.
  • La ploïdie : la plupart des plantes sont diploïdes (2 n), c’est-à-dire que les chromosomes vont par paire. Chez les ray-grass anglais, d’Italie, hybrides et le trèfle violet, certaines variétés sont tétraploïdes (4 n). De ce fait, la plante est très différente. Pour les variétés tétraploïdes, les feuilles sont beaucoup plus larges, plus retombantes, plus appétentes et plus riches en eau. Les diploïdes sont plus adaptées pour faire des fourrages de réserve. Les tétraploïdes sont quant à elles mieux adaptées au pâturage. Toutefois, si le pâturage est intensif et le piétinement important, les diploïdes auront plus de pérennité. Les variétés tétraploïdes peuvent être malgré tout utilisées pour faire des fourrages mais le temps de séchage sera plus long.
  • L’alternativité : c’est la capacité d’une plante à se reproduise l’année du semis. Par opposition, une variété non alternative ne monte pas en épi l’année du semis. Elle a besoin du froid de l’hiver pour ensuite développer un épi. Le choix concerne uniquement le ray-grass d’Italie et c’est surtout l’usage prévu de la plante qui déterminera le choix variétal. Par exemple, pour un semis d’été pour une exploitation en fauche l’automne, on choisira une variété alternative. Par contre, si l’objectif est une exploitation au pâturage en automne, on optera plutôt pour une variété non alternative.
  • La précocité d’épiaison : elle correspond à la date à partir de laquelle les premiers épis sont visibles. C’est à partir de ce moment que la qualité alimentaire des graminées diminue. Les variétés à épiaison tardive offrent aux éleveurs de longues périodes d’exploitation qui permettent de mieux gérer le pâturage. Mais attention, d’une manière générale, ces variétés tardives nécessitent des sommes de températures plus importantes pour exprimer leur potentiel. Elles sont donc à éviter dans les zones froides. De même en conditions séchantes, on optera plutôt pour des variétés précoces afin de récolter ou pâturer tôt.

Et pour réussir le semis

Une dose totale comprise entre 25 et 30 kg de semences à l’hectare est recommandée. Pour aider au bon calcul du semis, il faudra tenir compte du poids de 1 000 grains (PMG) et des espèces présentes si un mélange est constitué. Des outils existent, comme par exemple une application sur smartphone qui offre un calculateur pour mélanges prairiaux ou bien encore un tableur sur le site www.herbe-actifs.org . Le principe est de traduire un peuplement de plantes souhaité en kg de semences par hectare.

Le poids est important à connaître en cas de sollicitation de la prime protéine. En effet, cette prime est accordée à condition que 50 % des graines soient des légumineuses (et non pas 50 % du poids).

La profondeur de semis d’environ 1 cm dans une terre fine est importante à respecter. Le passage d’un cultipacker ou croskillette ou rouleau sera nécessaire pour assurer un bon contact terre-graines garant d’une bonne levée homogène.

Contacts :

Aline Muzard
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
aline.muzard@gnis.fr

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr