Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants
0

Surfaces prairiales : comment optimiser leur exploitation

15 septembre 2017

Installer une prairie de longue durée

Face à des contrastes climatiques de plus en plus forts, les mélanges d’espèces prairiales apparaissent comme un facteur de sécurité pour les éleveurs.

Rappelons que les meilleurs mélanges sont obtenus à partir des meilleures variétés. Toutes les informations sur celles-ci sont publiées sur le site www.herbe-book.fr, ce qui permet de les identifier très facilement.

Comment choisir son mélange d’espèces

Pour créer un mélange de longue durée, il faut bien sûr que les constituants aient une pérennité suffisante. Cinq graminées sont utilisables (fétuque élevée, fétuque des près, dactyle, ray-grass anglais et fléole), auxquelles on peut ajouter le ray-grass hybride. Toutefois, la pérennité de ce dernier n’est que de 3 ans, mais il assurera une productivité rapide après le semis. Les autres espèces sont plus lentes d’installation (hormis le ray-grass anglais). Le ray-grass hybride servira ainsi de couvert de protection pour ces espèces lentes d’installation puis leur cédera progressivement la place.

Ne pas oublier les légumineuses

Des légumineuses sont également incorporables au mélange : trèfle blanc, luzerne et trèfle violet. Ces 2 dernières s’estompent au bout de 3 ou 4 ans alors que le trèfle blanc est très vivace s’il a facilement accès à la lumière, sans excès d’eau ou de conditions trop séchantes.
En cas de sol léger et séchant, le lotier corniculé, qui possède des vertus « condimentaires » (tanins et vermifuge), peut être ajouté. Dans le cas d’une zone humide, le trèfle hybride sera privilégié.

Trouver le bon équilibre dans sa composition de mélange

Pour chacune de ces espèces, il convient de connaître leur comportement, non seulement lors de l’implantation, mais aussi face aux diverses conditions climatiques probables pendant toute la durée de vie de la prairie. Pour une bonne rentabilité, la prairie restera en place pendant 5 ans. Il faut composer son mélange en imaginant la proportion de chaque espèce souhaitée. Il est préconisé une dose totale comprise entre 25 et 30 kg de semences à l’hectare. Pour aider à la composition de mélanges, des outils existent, comme par exemple une application sur smarphone qui offre un calculateur pour mélanges prairiaux ou bien encore un tableur sur le site www.herbe-actifs.org. Le principe est de traduire un peuplement de plantes souhaité en kg de semences par hectare.

Comportement en situation de mélange : 9 = élevé, 1 = faible

Vitesse d’installation Pouvoir de concurrence au printemps Pousse estivale Productivité après 3 ans Poids de 1 000 graines Utilisation Contraintes pédoclimatiques
RGH  9  9  1  1  2,61 diploïde
4,03 tétra
Pâture et fauche Résiste à la chaleur, relativement bien à la sécheresse
RGA  8  3-7  1 3  1,96 diploïde
2,84 tétra
 Plutôt pâture Sensible à la chaleur, ne meurt pas en cas de sécheresse
Dactyle  5  8 8  9  0,88  Plutôt fauche Sensible à l’excès d’eau l’hiver
Fétuque élevée  3  7  8  9  2,38 Pâture et fauche Résiste à toutes les contraintes
Fétuque des près  3  4  5  3-5  2,03 Pâture et fauche Peut être sensible à la sécheresse
Fléole des près  1  3-4 4  5  0,4 Pâture et fauche Sensible à la sécheresse
Trèfle blanc  5  3-4  3-4  4-6  0,62  Pâture Aime la lumière, la chaleur
Trèfle violet  7  6  6  1 1,86 diploïde
2,87 tétra
 Plutôt fauche Tolère l’excès d’humidité
Luzerne  4  3-6  9  7  2,03  Plutôt fauche Aime les sols non compacts, la chaleur, sensible au piétinement

Le poids est important à connaître en cas de sollicitation de la prime protéine. En effet, cette prime est accordée à condition que 50 % des graines soient des légumineuses (et non pas 50 % du poids).

L’utilisation en mélange atténue les limites des espèces avec un effet relais d’une espèce sur l’autre.

Les atouts d’un mélange tout fait

Il est désormais facile de trouver chez votre distributeur des mélanges de semences déjà élaborés. Il est parfois difficile de les comparer et de s’assurer qu’ils répondent bien aux besoins recherchés et soient bien composés de variétés performantes.

C’est pourquoi l’ASSOCIATION FRANCAISE POUR LA PRODUCTION FOURRAGERE (AFPF) a créé le label FRANCE PRAIRIE. Il permet à l’utilisateur de bénéficier d’une expertise agronomique reconnue, puisque le cahier des charges a été élaboré à travers un travail collectif d’organismes comme ARVALIS, l’INRA, l’IDELE… Il permet aussi de connaître à quel usage (fauche, pâturage ou mixte) et à quel type de sol le mélange est adapté via le site www.franceprairie.fr .

Il est donc possible pour l’éleveur de concevoir lui-même son mélange en achetant des espèces pures. Mais encore mieux, il peut acheter un mélange déjà préparé. En préférant un mélange labélisé « FRANCE PRAIRIE », reconnaissable par son logo, il s’assure d’une bonne composition adaptée à sa situation.

Contacts :

Aline Muzard
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
aline.muzard@gnis.fr

Bruno Osson
Technicien Développement
03 20 61 28 64
bruno.osson@gnis.fr