Groupement National Interprofessionnel|des Semences et plants
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Lin à fibre : la création variétale contribue au développement durable de cette espèce

15 janvier 2018

De plus en plus demandé, le lin a le vent en poupe, aussi bien pour ses usages traditionnels en vêtements, linge de maison ou de toilette que dans de nombreux secteurs innovants : isolants, nouveaux matériaux dans le bâtiment, les sports, le rail, l’automobile, l’aviation du fait de ses propriétés. Mais qu’en est-il pour les liniculteurs ?

La recherche variétale contribue à l’amélioration du revenu de l’agriculteur

Ces 25 dernières années, les rendements en lin ont gagné 35 kg/ha et par an de fibres longues soit de l’ordre de 3 % par an. Ceci est essentiellement dû à l’amélioration variétale. Si l’on considère un prix de 2 € le kilo de filasse payé à l’agriculteur, ce sont 70 € en plus par an et par hectare.

Ce niveau d’amélioration s’est même accentué ces dernières années et ne devrait pas ralentir. En effet, on observe dans les essais d’inscription des variétés du CTPS, des nouveautés avec des rendements pouvant aller jusqu’à 115 % des témoins. Résistance à la verse et résistance à l’oïdium en sont les principaux facteurs.

La recherche variétale contribue à la transition écologique déjà amorcée de longue date pour le lin

De gré ou de force, le lin est une culture avec des surfaces faibles et les solutions avec des produits de phyto protection sont très faibles. Les principales sources de progrès sont issues de l’amélioration des pratiques culturales, de l’agronomie mais aussi et surtout de la recherche variétale.

Pour lutter contre les bioagresseurs, l’évolution des variétés plus tolérantes aux maladies est un axe fort de recherche. Ces nouvelles variétés permettent l’économie de produits de phyto protection et sont bien souvent la seule solution pour lutter contre les maladies et parasites.

En culture du lin, on ne se souvient plus de la fusariose parce qu’elle a été éliminée voici plusieurs décennies grâce au caractère de résistance introduit dans toutes les variétés. La brûlure quant à elle, qui sévissait dans les bordures côtières, n’est plus une menace depuis qu’il existe des variétés résistantes. L’oïdium est en passe d’être vaincu avec, pour l’instant, une variété naturellement résistante dont les surfaces progressent et l’arrivée d’autres variétés tout aussi intéressantes. Enfin, la résistance à la verse redevient un critère très important car ce fléau met à mal la qualité des fibres. Heureusement, des variétés actuelles ont un très bon comportement vis-à-vis de la verse.

Les résultats d’Arvalis ont permis de valider que les nouvelles variétés disponibles aujourd’hui montraient un très bon comportement quant à la résistance acquise sur l’oïdium.

Les sélectionneurs actuellement ont en ligne de mire d’autres maladies connues ou émergentes comme la septoriose ou le verticilium.

Jean-Paul Trouvé, sélectionneur chez Terre de Lin, confirme que ce n’est qu’une étape dans les progrès actuels pour la rusticité et la performance des lins.

Reynald Tavernier, sélectionneur chez Linéa, confirme ces propos et nous dit également : « en perspective, nous avons aussi des souhaits d’amélioration de la productivité en graines. En effet, cela est un axe important pour assurer l’approvisionnement en semences. »

Tous deux sont unanimes pour dire qu’avec cette espèce, d’énormes progrès ont été réalisés mais ils sont étonnés des marges encore possibles tant en production qu’en résistance aux maladies.

La filière lin répond de longue date à la transition écologique avec l’utilisation de moins d’intrants pour répondre aux critères techniques des transformateurs et écologiques de nos concitoyens. La filière semences et en particulier la création variétale, y contribuent largement. C’est ainsi que l’on peut confirmer que le lin textile a encore de beaux jours devant lui.

Contacts :

Benoit Laffineur
Responsable communication semences de lin
03 20 61 28 51
benoit.laffineur@gnis.fr

Rosine Depoix
Chargée de mission médias
01 42 33 88 29
rosine.depoix@gnis.fr